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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 15:43

Éditions ActuSF, 2015

 

 

L'action du Royaume de vent et de colères prend place en 1596 à Marseille, lorsque la cité phocéenne rebelle, soutenue par la marine espagnole, se retrouve assiégée par les troupes royales de Henri IV. Au coeur de cette atmosphère lourde et incertaine, cinq individus se débattent pour survivre. Il y a là Gabriel, le vieux chevalier autrefois huguenot et désormais rallié à la cause catholique, Victoire, la chef d'une guilde d'assassins, Silas, son lieutenant turc, Axelle, ancienne mercenaire devenue aubergiste, et Armand, magicien fuyant le pouvoir régalien. Tout le talent de Jean-Laurent Del Socorro est d'orchestrer sur une seule journée les destins croisés de ses cinq protagonistes, alternant les chapitres très courts (pas plus de quatre ou cinq pages) consacré chacun à l'un d'entre-eux. Ce séquençage de la narration, très télégénique, confère au récit de ce roman un rythme nerveux et enlevé, qui nous accroche sans jamais vraiment nous lâcher. Comme le dit lui-même l'auteur, l'intention était de "centrer le roman sur l'histoire des personnages". De manière plus globale, Royaume de vent et de colères se divise en trois grandes parties. "Le premier acte de mise en place du récit avec une première rencontre avec les protagonistes. La deuxième partie, composée de flash-backs épars, dévoile l'histoire de chaque personnage qui va expliquer leur choix dans le présent. Le troisième et dernier acte amène les résolutions de ces destins entremêlés." La deuxième partie, qui nous fait parfois remonter jusqu'à plus de vingt-cinq ans avant le siège de la ville, aurait pu nuire au déploiement de l'action. Mais ces flash-backs sur le passé plus ou moins secret des héros leur ajoute finalement une épaisseur psychologique bienvenue.

 

Récipiendaire du Prix Elbakin 2015, ce livre réussit à mêler avec brio fiction et événements historiques réels. Les enjeux propres aux guerres de religion conditionnent les complots ourdis ou subis par nos impétrants, en un savant mélange de stratégie politique, d'action, de mystérieux et de codes d'honneur ô combien singuliers. Bref, autant d'ingrédients qui font mouche sans laisser le lecteur sur sa faim.

 

 

 

Par Matthieu Roger

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 12:00

Les moutons électriques, 2017

 

 

Au vu du précédent tome, des plus captivants, je n'ai pas hésité un seul instant à me lancer une nouvelle fois aux côtés de Bellovèse. L'aventure fut cette fois-ci un peu plus déconcertante. Tout d'abord parce que le délai de parution depuis le précédent opus nécessite dans un premier temps de renouer avec l'intrigue, assez complexe, ainsi que de se remémorer les généalogies des protagonistes du récit, fort nombreux. Le lecteur, sollicitant quasiment à chaque page les bribes de sa mémoire, navigue donc à vue au cours de la première partie de cette suite de Chasse royale. Un effort de concentration qui peut être également perturbé par l'emploi réccurent par l'auteur de flash-backs temporels permettant d'approfondir les relations entretenues par Bellovèse avec certains personnages secondaires. Mais une fois ces caractéristiques narratives intégrées, on prend un plaisir grandissant à suivre le fil déroulé par la belle plume de Jean-Philippe Jaworski. Dans une langue à la fois riche, précise et savoureuse, celui-ci nous embarque dans une ambiance tendue, à la frontière de la fantasy et de la mythologie. Chef de guerre celte à la vaillance reconnue, on retrouve un Bellovèse prisonnier, au sens propre comme au sens figuré. Après sa tentative infructueuse de défendre le Haut roi Ambigat, le voilà en effet désormais captif de ses ennemis. Pire encore, au bout du chemin l'attend un jugement qu'il redoute encore plus que la mort : Bellovèse est bel et bien prisonnier de ses doutes et des conséquences de ses actes passés.

 

Sans en dire plus sur le déroulé de ce troisième tome, bien moins orienté sur l'action guerrière que le précédent, ajoutons que cette suite romanesque monte peu à peu en intensité dramatique et nous laisse sur un final positivement frustrant, puisque porteur de nouveaux développements que l'on devine trépidants. Un dernier volume devrait voir le jour l'année prochaine, qui clôturera cette saga aussi passionnante qu'originale.

 

 

 

Par Matthieu Roger

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 16:57

Éditions Mnémos, 2017

 

 

Après un premier tome des plus prometteurs, c'est avec beaucoup d'impatience que nous attendions la suite du Chant des Épines, saga de fantasy épique, magique et politique. Nouveau pari réussi pour Adrien Tomas, qui persiste et signe avec un second opus haletant, faisant la part belle aux stratégies les plus retorses et rebondissements les plus inattendus. En effet, de nombreux dangers guettent toujours le royaume presque unifié de Sveldia : entre velléités d'expansion de l'Empire de Seï, incursions pirates, seigneurs récalcitrants à la nouvelle centralisation, double jeu des Soeurs de l'Étoile Grise et autres jeux diplomatiques des plus serrés envers chaque faction, la jeune reine Ithaen n'aura pas de trop de tous ses amis à ses côtés pour triompher de ces multiples ennemis.

Reprenant son chapitrage personnage par personnage, permettant d'approndir les trajectoires d'une vingtaine de protagonistes, Adrien Tomas tisse sa toile scénaristique avec grande habileté, ramenant sans cesse les destinées individuelles de ses héros au cadre politique plus global des marches du Gel. D'où une lecture rendue agréable, rythmée, sans véritables temps morts. Bref, je recommande sans barguigner la lecture de ce roman, compagnon idéal de l'été.

 

 

Par Matthieu Roger

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 16:44

Éditions ActuSF, 2017

 

 

Avec Boudicca Jean-Laurent Del Socorro nous livre un récit de vie à la croisée des chemins entre biographie historique et fantasy celtique. Ressuscitant la figure légendaire de la reine Boudicca, qui souleva une partie des peuples bretons contre l'occupant romain, il s'attache, parfois avec réussite parfois avec plus de difficultés, à densifier ce portrait féminin voire féministe. Féministe car être une femme et commander au plus haut niveau dénotait dans les sociétés celtiques du Ier siècle après J.-C., au sein desquelles les affaires de la guerre relevaient tout autant du viril que du patriarcal. Solitaire malgré quelques amis, Boudicca n'aura de cesse de prouver sa valeur en tant que guerrière puis reine, et finira par incarner la révolte contre l'occupation pesante des légions venues de Rome.

 

Même si son écriture n'a pas le brio de celle d'un Jean-Philippe Jaworski ou que son univers légendaire s'avère moins profond que chez Stephen Lawhead par exemple, on ne peut dénier à Del Socorro un certain talent pour fouiller psychologiquement ses protagonistes et nous conter Boudicca comme une femme hors normes, rebelle, remplie d'une abnégation sans pareille. Comme le dit lui-même l'auteur : "elle ne naît pas insoumise, elle le devient, surtout au contact des gens, et sa force se confond parfois avec son arrogance et son obstination excessive". Une fiction historique intéressante, sans pour autant révolutionner le genre.

 

 

Par Matthieu Roger

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 14:02

Éditions AKILEOS, 2014

 

 

S.H.A.R.K. s’avère être l'avant-dernier de l’univers unchronique de la série Block 109, dont nous avons chroniqué toutes les précédentes bandes dessinées sur Les lectures d’Arès. Si l’on retrouve une nouvelle fois Vincent Brugeas au scénario et Ronan Toulhoat au storyboard, c’est cette fois-ci Ryan Lovelock qui se colle au dessin. Et force est d’avouer que l’on se régale de son talentueux coup de crayon, qui campe parfaitement l’ambiance moite et hostile du camp de détention de Rabbit Flat. Car S.H.A.R.K. se joue une nouvelle fois de la véracité historique en nous amenant en 1946, à l’heure où les forces américaines du Pacifique ont trouvé refuge en Australie et Nouvelle-Zélande, alors que de son côté le Premier ministre britannique entame des négociations secrètes avec l’Allemagne. Cette dernière a en effet pris l’avantage dans le conflit mondial qui déchire le globe. Rabbit Flat, tout droit sorti de l’imagination débordante des auteurs, n’est rien de moins que « le plus grand camp de prisonniers d’Australie regroupant près de 4000 détenus de guerre allemands, dont une majorité de SS, ainsi que des activistes du S.H.A.R.K. », nouveau parti politique australien réclamant à corps et à cris un armistice avec l’Allemagne pour concentrer l’effort de guerre national contre le Japon.

Si, comme nous l’avons dit plus haut, Ryan Lovelock s’en sort brillamment au dessin, Vincent Brugeas peine cette fois-ci à nous proposer un récit haletant. Sans aucunement parler de déception, le personnage de l’infiltré incarné par le détenu Worth n’a rien d’une folle originalité. Cependant ne faisons pas trop la fine bouche, S.H.A.R.K. poursuivant de manière plus que méritoire l’aventure graphique Block 109.

 

 

Par Matthieu Roger

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 12:11

Éditions Glénat, 2016

 

 

Joseph Joanovici est un petit malin. Mais un malin parfois trop malin. Orphelin juif originaire de Bessarabie roumaine, il débarque en France en 1925. À force d'ingéniosité et d'opportunisme, cet immigré que rien ne prédestinait aux hautes sphère devient ferrailleur, puis se taille au fil des ans une place de choix dans le commerce international des métaux. Sauf que la Seconde guerre mondiale fait tout à coup irruption, et avec elle son cortège de compromissions, d'arrangements plus ou moins louches et de coups tordus. Collaborant avec l'occupant nazi, Joseph Joanovici s'enrichit en approvisionnant le IIIe Reich en matières premières. L'orphelin juif devient milliardaire. Toujours plus retors, toujours plus prudent, bien décidé à assurer ses arrières. Puis le voilà s'associant à la résistance française, jouant un double jeu dangereux au détriment de sa vie familiale et de sa propre moralité...

 

Saluons l’initiative des Éditions Glénat d'enfin publier l'intégrale des six tomes de cette saga distillés par Fabien Nury et Sylvain Vallée entre 2007 et 2012. Voilà une bande dessinée qui donne matière à réfléchir autant qu'elle emporte le lecteur dans un récit palpitant aux multiples rebondissements. Car au-delà du destin hors normes de notre protagoniste, ce sont les périodes troubles de la guerre et de ses crimes que fouaillent les deux auteurs de leur crayon. Le dessin de Sylvain Vallée est certes loin d'être virtuose, trop classique diront certains, mais le scénario machiavélique échafaudé par son colistier Fabien Nury nous happe sans jamais nous lâcher. Collabos ? Résistants ? France passive ? Nul ne fut tout blanc, nul ne fut tout noir. Les zones d'ombres de la petite comme de la grande Histoire restent parfois encore impénétrables ou inavouables.

 

Prix de la Série au Festival d'Angoulême 2011, Il était une fois en France plaira à tout à chacun, qu'il soit ou non amateur de BD. "Criminel pour certains, héros pour d'autres... Joseph Joanovich fut tout cela, et bien plus encore." indique la quatrième de couverture. Lancez-vous sans attendre à la découverte de son extraordinaire trajectoire de vie !

 

 

 

Par Matthieu Roger

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 18:00

Pocket, 2008

 

 

Sous un format poche, les éditions Pocket nous présentent ici un recueil de contes écrits entre 1916 et 1973 par J.R.R. Tolkien. Premier tome d’une trilogie intitulée Histoire de la Terre du Milieu, les contes et poèmes y sont classés et annotés par Christopher Tolkien, fils de l’illustre auteur. Christopher Tolkien adjoint à chaque récit des explications fouillées permettant de contextualiser la narration. Il met ainsi en ordre les idées de son père et s’attache à ce que tous les contes se suivent de manière logique et chronologique, bien que certains aient été écrits sur plusieurs dizaines d’années d’écart. Ces légendes épiques narrent la création de l’univers de Tolkien, tant sur le plan géographique - la création de la Grande Terre bordée des mers extérieures, ou bien encore la plus connue Terre du milieu, où se déroulent ses plus grandes oeuvres comme Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit - que sur le plan anthropologique - l’arrivée et l’évolution des différents peuples vivant sur ces terres. En s’inspirant de la mythologie mais aussi de l’époque à laquelle vécut l’auteur, notamment la Première Guerre mondiale qui le marqua profondément, J.R.R. Tolkien nous transporte dans un monde ancestral, héroïque et magique.

Malgré quelques difficultés à me plonger dans ce recueil à cause du style d’écriture et d’une narration plutôt complexes (phrases parfois traduites en vieux français, nombreux personnages parachutés au cours du récit sans présentation préalable, héros aux noms multiples, etc.), les contes et poèmes s’enchaînent et m’ont complètement immergé au coeur d’histoires épiques. Un livre plutôt réservé aux mordus de l’univers tolkienien, dont je suis désormais avide de connaître tous les aboutissants.

 

 

Par Nathan Godin

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 10:48

Éditions Mnémos, 2017

 

 

Le sénéchal Philippe Gardeval est bel et bien, comme qui dirait, dans la panade. Non seulement la cité fortifiée de Lysimaque, capitale du royaume de Méronne, se retrouve assiégée par une armée nombreuse et impressionnante, mais son roi est désormais visé par des comploteurs aussi déterminés qu'indétectables. Sans compter que les autres hauts personnages de la cour, s'ils lui rendent bien en faconde, sont loin de posséder son intelligence et sa clairvoyance. Et ce n'est pas le balourd chancelier Othon de Ligias qui dément ce constat. L'état d'urgence sourde au coin de chaque corridor, et Philippe de Gardeval est loin d'imaginer toutes les sombres péripéties qui vont s'abattre sur loin au cours des prochains jours.

 

Grégory da Rosa signe avec ce premier roman une histoire qui à la fois nous captive et séduit par la qualité de son écriture. À l'instar d'un Jean-Philippe Jaworski dont nous avons maintes fois salué la qualité de l'oeuvre littéraire, il parsème son récit de termes issus du vieux français, rehaussant l'univers médiéval de Lysimaque d'une teinte colorée fort réjouissante. À l'heure où la guerre pointe le bout de son nez et où les forces magiques peuvent se déchaîner sans aucun préavis, l'auteur fait naviguer son héros au milieu d'intrigues de palais ayant tout d'un poker menteur des plus mortels. Le lecteur ne sait rapidement plus à quel saint se vouer, au sens propre comme au sens figuré !

 

Ce premier tome sera fort heureusement suivi d'une suite, que j'attends avec impatience tant la chute finale augure de bouleversements trépidants. Bravo à Grégory da Rosa d'avoir réussi à camper ce Sénéchal si original. Revivifiant !

 

 

 

Par Matthieu Roger

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 17:12

Actes Sud, 2015

 

Les Adieux à l'Empire est une grande fresque romanesque qui nous replonge au cœur de l'épopée impériale du début du XIXe siècle. Le narrateur et protagoniste, Des Ronans, est un hussard ; homme de guerre, certes, mais également fin lettré, adepte de la philosophie et des maximes stratégiques de Sun Tzu. « Lorsque Sun Tzu écrivit les versets de L’Art de la guerre, il y a des milliers d’année, l’armée était bien différente de celle d’aujourd’hui mais l’Empereur se préoccupe toujours de concentrer la masse de rupture sur un point donné et de frapper au moment le plus opportun qu’il crée par l’utilisation des autres masses… » (p. 75) C'est son destin extraordinaire que déroule Olivier Barde-Cabuçon au fil de ce récit aussi passionnant qu'haletant. Un destin qui emmène le lecteur aux quatre coins de l'Europe, des guérillas d'Espagne aux mornes plaines enneigées de Russie, en passant par Vienne assiégée ou bien encore les charniers d’Eylau. « On ne peut pas appréhender la stratégie de l’Empereur si on ne comprend pas que celui-ci débute toujours ses campagnes par un coup vite joué et d’une importance décisive. Ensuite, Napoléon se sert de l’avantage obtenu pour frapper un nouveau coup puis un autre, plaçant chaque fois son gain sur un seul numéro jusque la banque affolée saute. » (p. 394) En filigrane des campagnes napoléoniennes, on marche à la rencontre des états d'âme de Des Ronans, personnage attachant qui n'a de cesse de remettre en cause le sens de sa vie, de ses actions, de ses convictions, de ses amitiés, de ses amours. Avec en second plan la présence de ceux qui détermineront le chemin de sa destinée : Beau Geste, Daphné, La Lune, Della Roca, Spalazini. Autant d'amis, plus ou moins mystérieux, qui l'obligeront à questionner son éternelle fuite en avant vers la mort.


Olivier Barde-Cabuçon signe là une fiction accomplie, qui nous transporte au milieu de la gloire tragique d'une époque fameuse. Il allie avec talent le souffle romanesque à l’épopée militaire, pour peindre au cours ces Adieux à l'Empire des trajectoires de vie hautes en couleurs, que l'on n'oublie pas de sitôt une fois la dernière page de l'ouvrage refermé. Grandiose et émouvant.

 

 

Par Matthieu Roger

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 18:31

Pygmalion, 2016

 

Quinze ans après sa désormais fameuse saga de L’Assassin Royal, Robin Hobb nous ramène aux côtés d’Umbre, du Fou et de Fitz Chevalerie, pour de nouvelles aventures aux ramifications complexes et passionnantes. En nous proposant cette nouvelle série de romans intitulée Le Fou et l’Assassin, dont En quête de vengeance constitue le troisième opus (quatre tomes parus à ce jour), Robin Hobb démontre une nouvelle fois son talent à faire avancer pas à pas une narration dense, fouillée et très travaillée, où l’approfondissement de la psychologie des protagonistes est toujours privilégiée. Certains lecteurs pourront peut-être ressentir une certaine lenteur dans le développement de l’intrigue, mais ce parti-pris extrêmement psychologique, rehaussé par le fait que les deux locuteurs de l’histoire s’expriment à la première personne, confère une profondeur sans pareille à la peinture du Royaume des Six-Duchés et de la politique de sa famille régnante, les Loinvoyants. Robin Hobb s’affirme ici définitivement comme une auteure de fantasy majeure, sans la plus douée de ce début de XXIe siècle avec G.R.R. Martin et son épopée du Trône de Fer.

 

Dans En quête de vengeance, Fitz a complètement abandonné le rôle du dotaire Blaireau qu’il endossait dans sa propriété provinciale de Flétribois, pour redevenir aux yeux de tous le prince Fitz Chevalerie Loinvoyant, membre officiel de la maison royale. Mais lorsque son ami bien-aimé le Fou, au bord de la mort, fait de nouveau irruption dans sa vie, et que sa fille Abeille est subitement enlevée par d’obscurs étrangers au teint albinos, qui pourrait présager un seul instant de l’avenir qui le guette ? À la fois secondé par ses amis de toujours, et en même temps affecté par le poids de son destin solitaire et de ses responsabilités de père, notre héros aiguise dans l’ombre sa vengeance. Sans pour autant toujours comprendre les tenants et aboutissants de l’Art, cette magie propre aux Loinvoyants souvent utile mais ô combien dangereuse !

 

 

Par Matthieu Roger

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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite