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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 19:30

Presses universitaires de France, 2011

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Où va l’Amérique d’Obama ? D’entrée la question est posée, même si la figure du président américain n’apparaît que très rarement au fil des pages. Dans son introduction, le parfois contestable Alexandre Adler convoque les leçons de l’histoire et tente d’en tirer les scénarios les plus plausibles. Ce panorama géostratégique global, appréhendant concrètement les défis auxquels sont aujourd’hui confrontés les États-Unis, part du postulat que la poursuite du leadership américain doit partir de l’intérieur, via une nouvelle refonte de l’économie nationale – ceci est également la thèse d’Hervé de Carmoy. Non que le combat contre l’islamisme international ou la compétition envers les puissances émergentes soient quantités négligeables, mais seules une nouvelle « flexibilité tactique » et une nouvelle « vision globale du monde » permettront d’articuler efficacement l’économie américaine à une diplomatie moins agressive, peut-être plus pragmatique.

  

Afin de sonder les diverses pistes de développement possibles, Hervé de Carmoy interroge tour à tour, dans ce qui constitue le cœur de ce livre, les mutations démographiques, l’état du secteur financier, le potentiel d’innovation, la politique étrangère, et la force militaire des États-Unis. Cinq champs d’étude qui font apparaître la véritable problématique à laquelle s’attaque l’auteur, celle de la capacité des Américains à maintenir leur suprématie internationale. Hervé de Carmoy, qui fut en poste dans certaines des plus grandes banques mondiales, accorde donc logiquement beaucoup d’importance à la question économique. Il en dégage l’impératif d’un nouveau partenariat entre secteur public et secteur privé, ce qui n’est pas sans aller à l’encontre du sacro-saint ultralibéralisme républicain. Mais ce sont les deux derniers chapitres d’Où va l’Amérique d’Obama ? qui m’ont le plus intéressé. Ceux-ci montrent une espèce de continuité évidente entre les années Roosevelt et l’époque actuelle, laquelle, comme je l’ai déjà évoqué, passe par la fondation d’un nouveau pacte économique national. C’est à ce prix que les États-Unis seront en mesure de maintenir leur primat technologique et d’intégrer une nouvelle approche « logicielle » de leur supériorité. Car aujourd’hui plus que jamais, il leur faut « détecter, comprendre, réagir plus vite que tout adversaire, et ce de manière si démonstrative  qu’il devienne décourageant pour quelque adversaire que ce soit de s’y frotter » (p. 165). Hervé de Carmoy précise ainsi les quatre axes qui forment le socle de la nouvelle politique étrangère américaine : le réalisme, l’impératif de sécurité, la puissance économique, et ce qu’il appelle « l’option de la paix ». Et que ce soit face à l’ennemi ou à n’importe quel concurrent économique, l’Amérique ne suivra à coup  sûr qu’une seule voie : celle, supposée, de ses propres intérêts.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Relations internationales
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite