Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 15:26

Éditions Actes Sud, 2001

 

 

Cris est un roman puissant. Sans doute l'un des ouvrages les plus importants écrits sur la Première guerre mondiale avec Le Feu d'Henri Barbusse en 1916 et Orages d'acier d'Ernst Jünger en 1920. Laurent Gaudé nous plonge au coeur des tranchées, dans le magma des boues et obus qui éventrent les hommes à la chaîne. Il prête la voix à une douzaine de soldats français, dont les récits s'alternent pour composer une fresque sidérante et implacable. Ou comment sombrer peu à peu vers la folie. Une folie insidieuse, sourde et latente, qui n'en épargnera pas un, la peur chevillée au corps comme un cri qui s'étrangle dans la nuit. L'auteur confère une portée ultra-réaliste tout autant qu'un souffle mystique à ces destins condamnés par avance. Si la mort plane constamment, elle n'efface pourtant pas certains moments de fraternité et d'humanité qui surgissent parfois sous un déluge d'artillerie ou quelques instants avant de monter à l'assaut. Avant que le lecteur observe, stupéfié, ces hommes se changer en golems...

 

Laurent Gaudé signe ici un grand livre, de ceux qui ne peuvent laisser insensible. Sa plume incantatoire bouleverse et retranscrit l'intime de manière saisissante. À lire sans plus attendre !

 

 

Par Matthieu Roger

Partager cet article

Repost0

commentaires

Recherche

Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite