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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 23:21

Soleil Productions, 2011

Couv_l-adieu-aux-rois.jpg

 

 

Elles sont rares les bande-dessinées qui allient la beauté et l’originalité d’un dessin à la richesse d’un scénario. C’est pourtant ce que nous proposent Éric Bourgier et Fabrice David avec la série Servitude, dont sort aujourd’hui le troisième opus intitulé L’Adieu aux Rois. Servitude s’inscrit dans un univers qu’on pourrait qualifier de fantastique médiéval réaliste. Alors que dragons, géants, sirènes, fées et anges ne sont plus que des légendes, les Fils de la terre, c'est-à-dire les hommes, règnent sur une grande partie des terres connues. Mais l’immensité de leurs royaumes et les luttes de pouvoir qui agitent divers coins du continent annoncent des lendemains tragiques, où les épées des complots sortiront de leurs fourreaux.

 

On retrouve dans L’Adieu aux Rois le magnifique coup de crayon d’Éric Bourgier, qui restitue toute la richesse d’un univers fouillé, régi par des intrigues politiques aussi complexes que dans Le Trône de Fer. J’aime beaucoup sa manière de restituer le caractère et la force des paysages, grâce à des contrastes de coloris parfois marqués, parfois tout en nuances. La spécificité de cette série est d’inscrire chaque tome dans une gamme chromatique bien délimitée, qui confère une indéniable identité plastique à l’œuvre du dessinateur. Le jaune et le sépia pour Le chant d’Anoroer (livre I), le gris et le marron pour Drekkars (livre II), et le marron et le noir pour L’Adieu aux Rois (livre III). L’absence de couleurs fauves ou vives permet d’inscrire Servitude dans une geste héroïque des temps anciens, comme s’il nous était donné de contempler une antique saga. Ce qui s’avère extrêmement plaisant, outre ce graphisme léché, c’est la profondeur de l’univers qu’a contribué à forger le scénariste Fabrice David. Non seulement le scénario échappe aux standards communs à la fantasy, en l’ancrant solidement dans un magma d’intrigues politiques, mais il laisse aussi la part belle à l’imaginaire et aux scènes d’action. La cohérence de cet univers prend alors tout son sens à la lecture des trois premiers tomes de la série. L’Adieu aux Rois se distingue par un rythme narratif plus riche en action, qui culmine lors des préparatifs de la grande bataille devant les remparts de la cité fortifiée d’Al Astan. Le peu de place accordé au déroulé même de la bataille est compensé par la présence d’annexes conséquentes situées en fin d’ouvrages, lesquelles narrent sur quatre pages l’évolution militaire, cartographies tactiques à l’appui, de cet affrontement épique au pied des murailles d’Al Astan.

 

Une douzaine de planches de ce livre III sont visibles ICI.

 

 

Par Matthieu ROGER

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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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commentaires

Berdzi 23/11/2011 11:27


Merci pour cette info. Je m'en vais demander à ma bibliothécaire si elle connait cette BD...

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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite