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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 14:43

Éditions Mnémos, 2019

 

 

Les Éditions Mnémos ont pris la très belle initiative de rééditer en format poche l’intégrale de la fantasy de Clark Ashton Smith, au sein de leur collection Hélios. Après Zoothique, publié en avril 2019, œuvre fondatrice pour s’engager dans les méandres de la magie noire véhiculée par les écrits de l’auteur, nous découvrons aujourd’hui Averoigne & Autres mondes, recueil de nouvelles nous transportant dans des mondes que l’imaginaire n’avait jusqu'alors jamais dépeints. En première partie de livre, les histoires d’Averoigne transportent le lecteur dans une Auvergne médiévale cartographiée autour de la cité fictive de Vyones, entourée de bois mystérieux, et de monastères et couvents mis à l’épreuve des forces du Mal. Avec Autres mondes, Clark Ashton Smith flirte avec la science-fiction horrifique, en imaginant des outre-mondes décadents, dangereux, confrontant constamment ses héros aux frontières du réel et de l’illusion.

 

Clark Ashton Smith est un écrivain américain de la première moitié du XXe siècle. Son style d’écriture est magnifique, ciselé, très inspiré, et ouvre un imaginaire mélancolique à la croisée des chemins entre la poésie de Baudelaire et le fantastique angoissant de Lovecraft. Ses narrations sont extrêmement poétiques, et enferment souvent leurs protagonistes dans les affres de mélancolies et nostalgies perturbantes, incompréhensibles, tragiques. Son art de la mise en scène se prête aux enchaînements rapides, ce qui lui fait privilégier la forme du conte noir à celle du roman. L’exotisme et la magie sont omniprésents, et viennent prendre le contrepied d’un classicisme qui transparaît à travers le vocabulaire très recherché et érudit dont il parsème ses phrases. Ses nouvelles sont des voyages à travers des espaces-temps insondables. Baroque au plus haut point. Je ne peux résister à l’envie de vous retranscrire ici un extrait d’un des poèmes qui viennent superbement clore Averoigne & Autres mondes (p. 354) :

 « Nos jours s’épuisant en errances parmi les ruines de nos cités sans âge. Leurs palais d’airain corrodé et les rues étirées entre des rangées d’obélisques d’or gisaient, tristes et affreux, dans la lumière morte, ou se noyaient dans des océans d’ombres stagnantes. Des villes accueillaient nos pérégrinations ; leurs vastes temples de fer préservaient en leur obscurité leurs mystères primordiaux et leurs dieux simulacres, oubliés par les siècles, aux yeux inaltérables rivés vers les cieux désespérés, et par-delà, la nuit prochaine, l’ultime oubli. »

 

 

Par Matthieu Roger

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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite