Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 12:39

Éditions Actes Sud, 2001

 

 

 

Un soir une mère monte dans un autocar avec ses deux enfants. Ils partent. Que fuient-ils ? Leur arrivée dans une petite ville balnéaire laisse entendre qu’ils sont juste partis en escapade. L’occasion pour Kevin, cinq ans, et Stanley, neuf ans, de découvrir pour la première fois la mer et ses remous. L’occasion d’aller baguenauder au milieu des lumières d’une fête foraine. Sauf que nous sommes en semaine, et que Stan et Kevin devraient être à l’école. Sauf que de cette mère on ne connaît même pas le nom, seulement quelques bribes de vie confiées au lecteur laissant apparaître une détresse psychologique profonde. Sauf qu’au fur et à mesure du temps, ce voyage improvisé s’apparente de plus en plus à un point de non-retour. « Est-ce qu’il est déjà trop tard ? » se demande ainsi cette femme (p. 108).

 

L’écriture de Véronique Olmi est un souffle qui s’épanche, que rien ne peut arrêter. S’affranchissant parfois de la ponctuation, elle peut désorienter lors des premières pages, mais on se laisse rapidement happer par cette oralité confuse et désordonnée, par les émotions de cette mère isolée, aussi recroquevillée dans sa narration qu’elle se sent seule dans sa vie. Seule la minuscule cellule familiale qu’elle forme avec ses deux fils semble revêtir une quelconque importance à ses yeux. « Voilà comment j’aurais dû passer le restant de mes jours : au lit avec mes gosses, le monde on l’aurait regardé comme on regarde la télé : de loin, sans se salir, la télécommande à la main, le monde on l’aurait éteint à la première saloperie » (p. 79) Qu’on ne s’y trompe pas : Bord de mer est un roman qui traite autant la condition des mères isolées que de la pauvreté, de la souffrance psychologique et d’un autre thème que je ne peux annoncer ici sans dévoiler la chute finale. Il résonne tel un cri du cœur désespéré, rempli d’amour autant que d’effroi. Poignant. Puissant. 

 

 

Par Matthieu Roger

Partager cet article

Repost0

commentaires

Recherche

Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite