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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 14:17

Éditions Fayard/Tallandier, 1982


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Dans Les Hommes de la Croisade, Régine Pernoud revient sur ces hommes qui vécurent aux XIe, XIIe et XIIIe siècles les aventures des croisades en Palestine. Elle analyse la dynamique mentale extraordinaire qui conduisit des rois, des pauvres, des barons, des chevaliers, des clercs, des marchands à se rendre ensemble en Palestine. Le but déclaré est de reprendre Jérusalem aux hérétiques Sarrazins, pour une faire une véritable base chrétienne au Proche-Orient. Habités par une ferveur religieuse authentique, incarnée par la figure charismatique de Pierre l’Ermite, chevaliers et hommes de l’occident, que l’on appelle alors les Francs, débarquent ainsi à l’autre bout de la Méditerranée et fondent le royaume de Jérusalem et autres comté de Tripoli, principauté d’Antioche, comté d’Édesse ou royaume de Petite Arménie, autant de territoires qui étendent le champ d’influence de la chrétienté à l’est d’un empire byzantin en complète déliquescence. Pendant deux siècles les croisés tentent de coloniser ces territoires hostiles tout en organisant sa défense au moyen d’un réseau étendu de forteresses, dont la plus fameuse est sans doute le Krak des Chevaliers, construit à l’ouest de la Syrie et inscrit depuis 2006 sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. En face d’eux se dresse le monde arabo-musulman, avec ses logiques idéologiques et géostratégiques souvent - bien que non systématiquement - opposées. Utilisée aujourd’hui à tort et à travers, la notion de « choc des civilisations » prend à cette époque tout son sens. La découverte de l’inconnu et de l’étranger, éprouvée aussi bien  par les croisés que les Sarrazins, s’écrit malheureusement à la couleur du sang versé au cours d’affrontements aussi meurtriers que récurrents. Les conditions climatiques sont souvent extrêmes, et ne font qu’ajouter à l’horreur des batailles qui s’égrènent : prise de Jérusalem en 1099, bataille de Dorylée en 1147, bataille de Hattin en 1187, bataille de Damiette en 1250, siège de Saint-Jean-d’Acre en 1291… Mais revenir uniquement sur le choc des sabres et des épées serait occulter la cohabitation somme toute paisible - au regard des circonstances inédites - avec les autochtones palestiniens, qui prévalut pendant deux siècles. Une cohabitation parfois source des rencontres les plus inattendues, telle cette entrevue entre saint François d’Assise et le sultan égyptien Melek Al Kamil, en 1219, débouchant sur l’obtention d’un sauf-conduit pour les Franciscains en Terre Sainte.

Régine Pernoud détaille dans cet ouvrage l’organisation de la conquête en Terre Sainte, sans en exclure l’aspect socio-culturel. Cette démarche anthropologique donne du crédit à la reconstitution historique qu’elle déploie sous nos yeux, puisqu’elle permet d’appréhender les conquêtes militaires à l’aune des considérations spirituelles de l’époque. Synthèse d’un « esprit de conquête » qui ne peut être saisi pleinement sans prendre en compte les intérêts féodaux des royaumes occidentaux, Les Hommes de la Croisade réussit pleinement à retranscrire l’alliance du mystique et du politique dont étaient habités les croisés.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite