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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 12:48

Éditions Delcourt, 2018

 

 

Si à la fin il ne devait en rester qu’un, il resterait Osamu Tezuka. Vénéré au Japon comme le grand maître du manga, il a laissé après sa mort en 1989 une œuvre considérable, passée depuis à la postérité. Les éditions Delcourt ont republié en 2018 l’intégrale de Barbara, œuvre sortant des sentiers battus publiée en 1973-74. S’appuyant sur un dessin en noir et blanc du plus bel effet, Osamu Tezuka y narre la vie de Yôsuke Mikura, écrivain se débattant entre ses doutes existentiels, ses pulsions inavouées et sa soif de reconnaissance publique. Le manga débute avec sa rencontre avec Barbara, une jeune hippie sans domicile fixe qu’il s’en va recueillir, et qui prendra peu à peu une place de plus en plus importante dans sa vie.

 

Barbara est une œuvre déconcertante dans le sens où elle mêle à la fois continuellement l’allégorie et la métaphore, empruntant les méandres d’un registre fantastique qui n’est pas sans rappeler Le Horla de Maupassant. Une allégorie tout d’abord, qui s’incarne dans le personnage de Barbara, dont l’existence même est mise en doute tout le long du livre. Muse imaginaire ou imaginée ? Sorcière ? Âme sœur ? Simple alcoolique ? Désarçonné, Yôsuke Mikura devient peu à peu dépendant de cette femme ô combien imprévisible. Métaphore filée ensuite, celle de l’inspiration littéraire et du génie créatif, dont les frontières sont toujours ténues avec la folie. Ce n’est pas pour rien que Barbara regorge de références aux écrivains et compositeurs français, comme Verlaine, Cocteau, Debussy, etc. C’est bien la figure du poète maudit que l’auteur convoque ici. Si le registre fantastique de cette bande dessinée chapitrée en quinze épisodes peut désorienter le lecteur, l’art du cadrage d’Osamu Tezuka fait souvent mouche et nous emporte malgré aux côtés des deux protagonistes. On a cependant beaucoup de mal à s’identifier à Yôsuke Mikura, dont le comportement perpétuellement sexiste et violent envers les femmes semble plus s’inscrire dans le contexte d’une époque où ce type de mœurs était accepté que dans un réel souci de l’auteur de dénoncer le machisme.

 

 

Par Matthieu Roger

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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite