Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 14:42

Éditions Actes Sud, 2015

 

 

Conquistadors est un livre phénoménal, une sorte d'inéluctable descente aux enfers, où le sublime se mêle constamment à l'abject. Oscillant entre histoire, biographie et fiction, Éric Vuillard y narre la conquête de l'Empire inca par les troupes espagnoles de Francisco Pizarre, en 1532. Il narre la boue des ravines, les jungles inextricables, les morts putrides, les morions délavés par le temps. Il narre le soleil accablant, le choc des civilisations, l'appât inextinguible de l'or, les momies profanées. Il narre la trahison, la folie, les massacres sauvages, la guerre civile. Éric Vuillard déroule ainsi devant les yeux ébahis du lecteur une incroyable odyssée, dont la légende confine constamment au tragique. Sa plume est magistrale, lumineuse et tranchante comme le glaive. Elle ne renie aucune bassesse humaine, contant ces gloires espagnoles à l'aune du sang qu'elle déversèrent par torrents. Francisco Pizarre, ses deux demi-frères, ses lieutenants Hernando de Soto et Sebastian de Belalcazar et leur poignée de soldats traversent les Andes telles des chimères guidées par d'innommables obsessions. Conquistadors c'est Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog distillé en littérature. Conquistadors c'est un livre qu'on lit en un souffle et qui nous laisse pantois, éreinté. Telle une lente agonie. Brûlante. Sublime. Époustouflante. Brutale. Un roman incontournable.

 

 

 

Par Matthieu Roger

Partager cet article

Repost0

commentaires

Recherche

Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite