Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 17:18

Éditions Economica, 2012

cover-Novare.jpg

 

 

Dans Novare (1513), Olivier Bangerter, chercheur au Small Arms Survey de Genève et spécialiste de l’histoire militaire suisse de la Renaissance, revient sur la bataille qui mit aux prises l’armée française, composée à la fois d’Italiens, de lansquenets allemands et de soldats français, aux Suisses envoyés par la Confédération au secours du duc de Milan en titre, Massimiliano Sforza. Cet affrontement, qui se solde par une victoire nette et sans bavure des piquiers et hallebardiers suisses, s’inscrit dans le cadre des guerres d’Italie (1494-1559) et de la reconquête du duché milanais entreprise par Louis XII. Allié à Venise, ce dernier compte bien ramener le Milanais dans le giron français. Seulement les Suisses, échaudés par le conflit franco-suisse de 1509-1512, et qui peuvent de plus compter sur le soutien à distance des troupes papales et espagnoles, ne l’entendent pas de cette oreille. La Diète envoie donc plus de 10.000 hommes en Italie, afin d’aider les maigres troupes de Sforza à reprendre son dû. La discipline suisse et la destruction du contingent formé par les lansquenets décideront du sort de la bataille.

 

Mais cet ouvrage est bien plus une synthèse sur la manière de conduire la guerre au début du XVIe siècle en Europe occidentale qu’un simple récit des combats de Novare. L’auteur aborde ainsi tour à tour l’organisation des armées et le rôle conféré aux différentes armes, le contexte diplomatique, et le déroulé complet de la campagne. Olivier Bangerter met en perspective cette victoire de l’infanterie suisse par rapport à l’évolution suivante : alors qu’au Moyen Âge on concevait majoritairement l’infanterie en soutien de la cavalerie, lorsque cette dernière était disponible, la Renaissance consacre la prédominance des troupes à pied, charge à la cavalerie et à l’artillerie naissante de l’appuyer, tant sur la défensive qu’à l’offensive. Et de préciser dans sa conclusion (p. 115) :

« À l’échelon le plus bas, les transformations sont encore plus visibles et marquent les combattants. L’artillerie devient une arme essentielle même si tout le monde ne le sait pas encore mais elle ne peut pas jouer son rôle sans une infanterie capable de la défendre. Cette dernière redevient donc la reine des batailles, capable de tenir le terrain mais aussi de le conquérir. Cela explique la demande pour des troupes de cette trempe, que beaucoup d’états chercheront à s’attacher en soldant des mercenaires étrangers. Le marché des combattants est promis à un avenir de plus en plus florissant en Europe ; les Suisses en seront les premiers bénéficiaires et les Français les premiers commanditaires. »

 

 

Par Matthieu Roger

Partager cet article

Repost 0
Published by Matthieu Roger - dans Histoire militaire
commenter cet article

commentaires

Recherche

Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite