Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 11:54

Éditions Pierre de Taillac, 2011


cover-discours.jpg

 

 

Jacques-Olivier Boudon, historien et Président de l’Institut Napoléon, a eu l’excellent idée de réunir en un ouvrage les principaux discours de guerre de Napoléon. La compilation de ses adresses aux soldats et au peuple français permet de revivre l’épopée de la Révolution et du Premier Empire. Elle permet également de saisir les champs lexicaux chers au général puis à l’empereur. Jusqu’au couronnement de 1804, les textes de Napoléon invoquent les grands principes de la Révolution, dont la liberté. Plus tard, on observe un glissement sémantique qui repose sur la soif de gloire et le recensement des victoires passées. A la lecture de ces manifestes, on ne peut qu’admirer l’éloquence du chef de guerre exhortant ses troupes à la victoire. Si le ton s’avère souvent hyperbolique, il contribue au lien direct que Napoléon a toujours voulu tisser entre lui et ses soldats, ceux qu’il nomme « les invincibles ». La dernière phrase de son discours du 11 septembre 1808 résume bien cela : « Soldats, tout ce que vous avez fait, tout ce que vous ferez encore pour le bonheur du peuple français, pour ma gloire, pour la vôtre, sera éternellement dans mon cœur ». Le nombre exceptionnel de victoires obtenues par l’Empereur engendre cette confiance mutuelle entre l’armée et son général. Et Napoléon de ressasser, quasiment à chaque discours, le nombre de drapeaux, de canons, de places fortes et de prisonniers capturés à l’ennemi. Instruments de la propagande impériale, ces discours, dont certains furent réécrit pour la postérité par Napoléon lui-même, témoignent de deux idées-forces : la grandeur de la France, et la nature transcendantale de la gloire militaire. Àce sujet, on remarque que Napoléon dresse constamment un parallèle entre la destinée de l’antique peuple romain et celle du peuple français. De la première campagne d’Italie jusqu’aux lendemains de Waterloo, le commandant en chef de la Grande Armée aime à féliciter ses unités les valeureuses, sans pour autant oublier de vilipender la perfidie des argentiers britanniques et l’infériorité des armées russes, autrichiennes et prussiennes. Napoléon Bonaparte avait pris toute la mesure d’une rhétorique percutante et concise, qu’il maniait comme un outil de stratégie militaire à part entière.

 

Discours de guerre est un livre très intéressant, dont la présentation de qualité est rehaussée par plusieurs gravures illustratives. Pour ceux qui ne seraient pas familiers de l’épopée napoléonienne, quelques phrases d’introduction précèdent chaque discours, le replaçant dans son contexte historique. La préface de Jacques-Olivier Boudon revient sur l’éloquence militaire et les références et thèmes les plus employés par Napoléon. Enfin, une chronologie placée en fin d’ouvrage vient rappeler les dates à retenir de ces vingt-cinq années qui bouleversèrent à jamais le cours de l’Histoire.

 

 

Par Matthieu Roger

Partager cet article

Repost 0
Published by Matthieu Roger - dans Stratégie militaire
commenter cet article

commentaires

Bigdiller81 13/11/2011 10:09



Je suggèrerais de placer dans cette liste Précis de l'art de la guerre d'Antoine Henry Jomini... Sinon, bon site assez renseigné.



Matthieu Roger 14/11/2011 19:40



En effet, L'art de la guerre de Jomini est un grand classique qui mériterait une book review à part entière sur ce site. D'ailleurs Grérad Chaliand lui accorde une place de choix - 53
pages  ! - dans son Anthologie mondiale de la stratégie
militaire.


Merci pour votre commentaire.



Recherche

Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite