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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 20:08

Éditions Gallimard, 2009

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Ayant savouré avec délectation le premier roman et chef d’œuvre de Jean-Philippe Jaworski, Gagner la guerre, c’est fort logiquement que je m’en suis allé me procurer Janua vera, un recueil de huit nouvelles publié un an auparavant. Même si on n’atteint pas ici l’excellence scénaristique et la verve narrative de Gagner la guerre, force est d’admettre que le style d’écriture de l’auteur fait une nouvelle fois mouche. Un talent indéniable, repérable du fait que chaque nouvelle possède une atmosphère bien particulière. Ce n’est pas pour rien que Janua vera a reçu en 2008 du Prix du Cafard Cosmique. À travers huit récits, le lecteur explore différents âges et différentes régions du Vieux Royaume : Marche Franche, royaume de Leomance, république de Ciudalia, contrées sauvages d’Ouromagne. Un éclatement du temps et des lieux qui confère une profondeur historique ciselée à cette fantasy médiévale.

 

Tout d’abord quelques déceptions. Le service des dames met en scène le chevalier Ædan, n’ayant pour seule règle de vie que l’intransigeant code de l’honneur. Le canevas narratif classique, hommage explicite à Chrétien de Troyes, atteint vite ses limites. Une offrande très précieuse met en scène Cecht, un guerrier barbare en quête de rédemption. Le final ouvert de l’histoire, peu convaincant, m’a laissé sur ma faim. Le conte de Suzelle emprunte lui au caractère primesautier et pathétique des nouvelles de Guy de Maupassant, sans pour autant réussir à nous captiver. Ces trois déceptions, toutes relatives, sont plus que compensées par la qualité des cinq autres nouvelles proposées. La chute de Janua vera, qui ouvre le recueil, possède un côté cinématographique qui confine au bouleversant. Jour de guigne, en nous confrontant aux déboires comico-tragiques d’un malheureux clerc frappé du Syndrome de Palympseste, prouve que fantasy et humour peuvent faire bon ménage. Un amour dévorant renouvelle avec efficacité le registre fantastique. Que ceux qui craignent de s’aventurer en pleine forêt à la nuit tombée passent leur chemin ! Le confident m’a rappelé l’ambiance glauque et confinée d’une autre nouvelle, Le Puits et la Pendule d’Edgar Allan Poe. Là aussi, claustrophobes s’abstenir ! Et je garde le meilleur pour la fin avec Mauvaise donne, où l’on retrouve avec grand plaisir le héros de Gagner la guerre, don Benvenuto Gesufal, ainsi que le machiavélique Leonide Ducatore. Un récit haut en couleurs, où notre cher assassin navigue à vue entre les coups fourrés et complots politiques qui régissent Ciudalia, la cité aux mille venelles.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite