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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 13:58

Éditions Fayard, 2005

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Cronstadt ou le récit d’un soulèvement avorté. En mars 1921 plus de 10.000 marins et soldats de la base navale soviétique de Cronstadt se dressent contre le gouvernement communiste. Bien qu’acquis à la cause soviétique, les mutins proclament un nouveau plein pouvoir des soviets et le début d’une lutte à mort contre le communisme de guerre, qui ravage depuis plusieurs années la Russie. L’éphémère « république de Cronstadt » naît donc sous le signe du drapeau rouge et de la lutte révolutionnaire. Tout au long de cet ouvrage, Jean-Jacques Marie, l’un des meilleurs spécialistes français de l’URSS, décortique et expose le processus socio-politique qui conduisit à deux semaines d’une rébellion durement réprimée par la Tcheka. Résultat symptomatique de plusieurs années de guerre civile entre Blancs et Rouges, entre mencheviks et bolchéviques, entre les classes pauvres et l’autoritarisme communiste, la révolte de Cronstadt sonne comme le glas des idéaux socialistes égalitaristes. Cet épisode chargé de ses de l’histoire russe, dont les véritables tenants et aboutissants seront dissimulés par la propagande stalinienne, dévoile l’état d’esprit de ces soldats exilés sur les rivages glacés de la Baltique, oppressés par les conditions de vie indignes imposées par le communisme de guerre. Ceux-ci échoueront à faire se soulever à leurs côtés leurs camarades ouvriers de Petrograd, ce qui aurait pu mettre gravement en danger le gouvernement lénino-trotskiste, toujours agité par les soubresauts de la guerre civile. Spontanée, dénuée d’aucune stratégie politique, la révolte de la base navale paye également son impréparation militaire. Non seulement les grands cuirassés le Sébastopol et le Petropavlovsk resteront à quai faute de brise-glaces disponibles, mais la perte de la base aéronavale d’Orianenbaum condamne dès le premier jour le soulèvement à un échec tactique. Malgré un premier assaut de l’Armée Rouge repoussé et salué comme les prémices d’une nouvelle ère par le comité révolutionnaire de Cronstadt, les bolcheviques, s’emparent en quelques jours l’un après l’autre des fort qui ceinturent l’île. Réduits à s’exiler en Finlande, les quelques milliers de mutins ayant réussi à s’échapper sont parqués dans des camps de concentration tenus par la police finlandaise. Faute de temps l’aide internationale un temps espérée n’est jamais venue – on peut citer par exemple les troupes blanches du général Wrangel cantonnées à Bizerte, en Tunisie, aux convictions politiques fort éloignées de celles des Cronstadtiens mais tout aussi remplies de haine envers les bolchéviques –, et les démocraties occidentales observent avec horreur les communistes affermir leur pouvoir par les armes.

 

 

Par Matthieu Roger

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 13:54

Éditions Perrin, 2002

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À l’inverse de Lieutenant de panzers, récit autobiographique, August von Kageneck effectue dans La guerre à l’Est un véritable travail d’historien en narrant l’incroyable odyssée du 18e régiment d’infanterie-grenadiers allemand sur le front est entre 1941 et 1945, régiment au sein duquel son propre frère servit avant d’être tué au combat. Restituant la férocité et les conditions extrêmes de combat sur la ligne d’opérations germano-russe, cet ouvrage témoigne de la longue et inexorable descente aux enfers de ces soldats lancés à la conquête des immenses steppes asiatiques. Alors que la percée réussie en 1941 amène les troupes allemandes jusqu’aux faubourgs de Moscou, la réaction soviétique qui s’ensuit transforme l’Europe de l’est en gigantesque charnier et sonne le glas des espoirs de victoire nazis. À première vue la lente agonie de la Wehrmacht, que beaucoup comparèrent à l’échec napoléonien de 1812 – raccourci trop facile de mon point de vue –, semble être un juste retour des choses au vu des atrocités commises durant la Seconde guerre mondiale par le régime hitlérien. Mais von Kageneck explique bien que, même si l’anticommunisme était à l’époque la norme, les soldats de la Wehrmacht étaient bien loin de partager le fanatisme des troupes SS. On se battait pour survivre, non pour la gloire du régime ou pour l’avènement d’un quelconque « espace vital ». De plus, une majorité des troupes allemandes ignoraient ou refusaient de cautionner les actes de sauvagerie perpétrés par les Einsatzgruppen à l’arrière des lignes de combat. Sans chercher aucunement à excuser la folie meurtrière des combattants des deux camps, l’auteur nous place devant le désarroi de ces soldats allemands qui très vite surent que la victoire leur échapperait, qui la plupart du temps vouaient aux gémonies le pouvoir hitlérien qui les envoyait à la boucherie, mais qui ne se battirent pas moins comme des lions jusqu’à Moscou puis Berlin. C’est à l’aune des exploits militaires qui émaillent l’épopée du 18e régiment d’infanterie que l’on comprend pourquoi le soldat allemand était bel et bien le meilleur combattant de la Seconde guerre mondiale. Tous ces actes d’héroïsme et de désespoir, au contraire de la Blitzkrieg qui caractérisa la conquête de l’Europe continentale, configurèrent sur le front est ce que von Kageneck appelle la « Materialschlacht » (schlacht de schlachten, « boucher »), c'est-à-dire une bataille incessante où l’homme n’intervenait qu’en dernière instance, écrasé comme lors de la Première guerre mondiale sous le déluge d’acier de l’ennemi. Ce constat est d’ailleurs révélateur de l’importance cruciale acquise par le renouvellement de l’armement tout au long de la guerre. Le fameux char T34 est par exemple une des clés de la victoire soviétique. Au moment de son apparition sur le front est, les Allemands ne possédaient aucun canon capable de transpercer son blindage ! Autre symbole de l’avènement de la suprématie mécanique : la redoutable mitrailleuse allemande MG42, qui crachait mille coups à la minute. Car au bout du compte, et c’est bien la leçon de ce livre, la mort est la seule chose que les totalitarismes ont à offrir aux peuples qu’ils gouvernent.

 

 

Par Matthieu Roger

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 13:49

Éditions Perrin, 2004

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Je suis loin d’être un inconditionnel des dictionnaires en tous genres. Bien qu’utiles, ceux-ci souffrent la plupart du temps d’une présentation plutôt rébarbative, et leur nature à la fois exhaustive et énumérative  ne constitue pas un mode d’apprentissage très attractif. Heureusement, on tombe de temps sur quelques « pépites », dont ce Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l’histoire de France édité en 2004. Grâce à une présentation aérée et une typographie agréable, agrémentées de soixante-quinze cartes inédites, le lecteur se voit convié à parcourir l’intégralité de l’histoire de France et à revivre la centaine de guerres et le demi-millier de batailles majeures qui l’ont jalonnée. Les Éditions Perrin ont fait fort en rassemblant sous la direction de Jacques Garnier, membre de la Commission française de l’histoire militaire et de la Société de l’histoire de France, vingt-six des meilleurs historiens militaires français, dont, entre autres, Bernard Coppens, Philippe Contamine, le général Jean Delmas ou encore Thierry Lentz. Les articles qui présentent l’intégralité d’un conflit sont bien sûr plus développés que ceux présentant les batailles, mais on appréciera fortement le fait que ces derniers soient systématiquement introduits par un bref paragraphe exposant le contexte historique et militaire des combats. En outre, la nomenclature des guerres et des batailles située en fin d’ouvrage se révèle extrêmement précieux pour quiconque voudra procéder de manière chronologique ou simplement revenir sur une guerre en particulier ainsi que sur les engagements qui l’ont émaillée.

 

Plus qu’une simple compilation guerrière, ce dictionnaire est une invitation perpétuelle à se replonger dans ces batailles qui aujourd’hui font partie intégrante de notre patrimoine historique national. C’est à mon avis une grave erreur que de dénigrer ce que certains ont appelé parfois avec dédain l’« histoire bataille ». Comme le rappelle Jean Tulard dans sa préface, Napoléon lui-même considérait l’analyse des batailles comme un champ d’études et de d’enrichissement incontournable : « La bataille est une action dramatique qui a son commencement, son milieu et sa fin. L’ordre de bataille que prennent les deux armées, les premiers mouvements que fait l’armée attaquée forment un nœud, ce qui oblige à de nouvelles dispositions et amène la crise d’où naît le résultat ou dénouement. ». On peut ainsi redécouvrir certains conflits et batailles sortis de la mémoire collective, telles ces trop méconnues Guerres de Religions qui mirent s à feu et à sang le royaume de France pendant trente-six ans (1562-1598), excellemment narrées par Jean-Paul Le Flem. De même, on découvre ou redécouvre au fil des articles les premières invasions celtes, la Praguerie de 1440, les campagnes navales contre les Barbaresques (1681-1688), l’expédition d’Espagne de 1823, la guerre du Kosovo (1998-1999), etc., autant de dates, de lieux et d’hommes qui rappellent le rayonnement international et la richesse exceptionnelle de l’histoire militaire française. Nul doute que les passionnés de stratégie et de tactique trouveront dans ce livre qui respire le fracas des mêlées matière à étancher leur soif inextinguible de connaissances polémologiques.

 

 

Par Matthieu Roger

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 03:41

Éditions Perrin, 2003

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Lieutenant de panzers est le récit autobiographique d’August von Kageneck, qui servit à partir de 1939 en tant qu’officier dans les divisions blindées la Wehrmacht. Il retrace ici sa carrière jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale, qui le conduisit des plaines gelées de la Russie aux champs de bataille des Ardennes. À travers son parcours personnel, August von Kageneck, fils d’un général de Guillaume II, cinquième rejeton d’une famille de la vieille noblesse allemande, de tradition militaire, catholique et conservatrice, brosse la montée du nazisme telle qu’elle fut réellement vécue et perçue en Allemagne. Tiraillé entre le prestige de l’uniforme et la crainte de la démagogie hitlérienne propres à son milieu social d’appartenance, le jeune von Kageneck passe comme tant d’autres adolescents par les Hitlerjugend, avant de faire ses classes dans le 17e régiment de cavalerie de Bamberg, régiment traditionnaliste où l’on perpétue la gloire des hauts faits de guerre de la Grande Prusse, et où le nouveau régime nazi est plutôt vu d’un mauvais œil. L’auteur n’en retranscrit pas moins avec beaucoup de force l’ardeur guerrière, la soif de revanche et  la foi en le redressement de l’Allemagne qui caractérise l’armée allemande en 1939. Von Kageneck se trouve partie prenante, lors de l’opération Barbarossa, en 1941, de la puissante machine de guerre mise au point par le IIIe Reich : le modèle de la Blitzkrieg combine avec succès l’arme blindée à l’infanterie et à l’aviation pour percer les lignes ennemies et les couper de leurs lignes de communications, privilégiant ainsi capacité de rupture et rapidité de manœuvre. À cette date, les armées allemandes paraissent invincibles, mais cela n’empêche pas de nombreux hauts gradés, rapporte l’auteur, de pronostiquer d’ores et déjà la défaite qui mettra quatre ans à venir. Stratégiquement parlant, la rupture du pacte germano-soviétique ne laissait d’autre alternative au rêve d’expansion hitlérien que l’embourbement inexorable dans les steppes glacées de l’immense Russie. Au fil des combats auxquels il participe, batailles après batailles, von Kageneck saisit peu à peu l’aspect irrémédiablement vain des objectifs tant stratégiques qu’idéologiques fixés à la Wehrmacht. Cependant, même convaincues de la défaite à venir – et ce plus tôt qu’on ne pourrait le croire –, les troupes allemandes se battront jusqu’au dernier homme avec une grande vaillance. Car comme l’indique von Kageneck : « Vivre en soldat, c’était être sûr de rester propre, impavide, indépendant à l’égard de l’époque et de toutes ses vicissitudes ; voilà le fil conducteur pour toute une vie, surtout dans les temps troubles que l’Allemagne avait traversés depuis cinquante ans. » (p. 193).

Dénonciation sans concession de la folie meurtrière du IIIe Reich, dénonciation de son propre militarisme, Lieutenant de panzers d’August von Kageneck est un livre essentiel, de par la lucidité qui en émane. De la haine irréfragable du « diktat » de Versailles à la peur de l’expansion communiste, des souvenirs de l’impériale Prusse à la révolution tactique de la Blitzkrieg, des ivresses de la victoire aux affres de la défaite, il constitue le testament militaire d’une époque heureusement révolue.

 

 

Par Matthieu Roger

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 03:17

Éditions Allia, 2008

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William Langewiesche revient sur le massacre d’Haditha, perpétré le 19 novembre 2005 par des Marines américains sur 24 civils irakiens (dont de nombreux vieillards, femmes et enfants) après que l’un des leurs ait été tué lors d’un attentat à la bombe. L’intérêt de ce petit ouvrage est d’éviter l’écueil du pamphlet antimilitaire ou bien, à l’inverse, celui d’une apologie de la guerre en Irak. William Langewiesche nous brosse le portrait le plus juste possible de ce conflit, en nous le présentant comme l’archétype de ce que le général britannique Sir Rupert Smith appelle « la guerre au sein des populations ». Il décrit en effet avec beaucoup d’à-propos la situation complexe dans laquelle se trouvent les Marines US, écartelés entre le sentiment de remplir leur devoir vis-à-vis de la patrie américaine et celui d’être engagé dans un conflit insoluble. Cette situation inextricable dans laquelle se trouvent les soldats, soumis à la haine de la population locale, souligne le paradoxe fondamental de l’engagement occidental en Irak, à savoir que « dans le but de sauver des soldats américains, on sacrifie de nombreuses vies d’Irakiens innocents ; ce faisant, grâce à l’armée de terre en particulier, d’innombrables combattants ennemis rejoignent l’insurrection, qui lancera à l’avenir des attaques plus fréquentes contre ces mêmes soldats » (sic p. 42). Ce n’est pas un hasard si Barack Obama appelle de tous ses vœux le retrait le plus rapide possible des troupes américaines d’Irak : la stratégie amorcée par Georges W. Busch après le 11 septembre 2001, celle d’une lutte outrancière contre le terrorisme international, n’a pas pris en compte le changement paradigmatique de la guerre observable dès la seconde moitié du XXe siècle. En découvrant au fil des pages le contexte de la réaction aussi sauvage que non préméditée des Marines américains, on parvient à saisir le fossé qui perdure entre la vision politique de l’emploi de la force militaire, qui quoi qu’on en dise fonctionne toujours sur le vieux mode du conflit interétatique, et l’intransigeante réalité du terrain, qui confronte les soldats à des missions maintien de l’ordre et de pacification pour lesquelles ils ne sont aucunement formées. S’ajoute à cela le fossé technologique entre une armée de métier suréquipée et une guérilla irakienne procédant à la bombe artisanale et à l’AK 47. En cela La conduite de la guerre résonne comme un coup de semonce à l’encontre du processus de déshumanisation qui sévit en Irak. Alors que l’ennemi se cache désormais sous l’acronyme de MAM (military-age man, homme en âge de porter les armes) et que son cadavre ne recueille plus en guise d’éloge funèbre que les quatre initiales EKIA (ennemy killed in action, ennemi tué pendant le combat), apparaît l’immanente absurdité d’une guerre qui n’est pas ni celles des jeunes soldats américains sacrifiés sur l’autel de la lutte contre l’ « axe du mal » ni celles des familles irakiennes bombardés sur leur terre natale. Un scandale humain résumé par une affiche placardée sur un des murs de Sparte, l’avant-poste des Marines installé en plein cœur d’Haditha, qui indiquait cyniquement : « soyez polis, soyez professionnels, soyez prêts à tuer tous ceux que vous rencontrerez ». En une phrase tout est dit, la guerre au sein des populations est malheureusement à ce prix.

 

 

Par Matthieu Roger

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 03:11

Éditions Archipoche, 2008

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Bravo Two Zero est le récit autobiographique d’Andy McNab, sergent du Special Air Service (SAS) britannique, groupe d’infanterie terrestre d’élite spécialisée dans les missions d’infiltration et de sabotage en zone ennemie. Dans ce livre Andy McNab nous narre son expérience de la première guerre du Golfe, lorsqu’il fut en janvier 1991 capturé et torturé pendant six semaines par les Irakiens. Son histoire est intéressante à plusieurs points de vue. Tout d’abord, il nous renseigne sur la planification d’une mission commando top secrète. Choix de la zone de largage, définition de codes de communication et de points de rendez-vous changeants, préparation d’un itinéraire terrestre, choix d’une base d’opération, étude des axes de communication ennemis, préparation de l’exfiltration, etc., rien n’est laissé au hasard ! Le professionnalisme des SAS est à ce niveau là tout bonnement impressionnant, aussi bien en ce qui concerne la mise en place tactique que la préparation mentale que suppose ce type d’opération. Ensuite, Andy McNab, en tant que chef de son commando de huit hommes, est le mieux placé pour nous narrer les tenants et les aboutissants de cette opération « Bravo Two zero », qui avait pour objectif de détruire les câbles de transmission terrestres permettant l’envoi de Scud irakiens (missiles de longue portée : entre 160 et 280 kms). Au vu du destin tragique de ce commando britannique on pourrait croire à un roman d’action, mais tout est bel et bien véridique : l’adaptabilité constante de l’organisation tactique du commando, les accrochages aussi imprévus que violents avec plusieurs patrouilles irakiennes, la fuite éperdue à travers l’infini désertique, la traque d’hommes physiquement au bout du rouleau, leur capture à quelques kilomètres de la frontière syrienne, les séances de tortures psychologiquement meurtrières… Cet ouvrage constitue également un précieux témoignage sur ce que sont devenus les conflits modernes, avec cette volonté affichée de la part de la coalition alliée de mener en Irak une guerre chirurgicale. L’engagement frontal de régiments d’infanterie est révolu, priorité est désormais donnée au bombardement aérien et aux opérations commandos dont l’action ciblée, moins coûteuse en hommes, est censée abréger la durée du conflit. Enfin, on apprend beaucoup sur la tactique militaire d’infiltration ainsi que les techniques d’armement et de reconnaissance employées durant la guerre du Golfe par les troupes britanniques : Armalite (fusil d’assaut), Minimi (mitrailleuse légère), Claymore (mines anti-personnel), plastic PE4, bombes 203, TACBE (Tactical Beacon, balises tactiques), systèmes Magellan (navigation par satellite), etc.

Bravo Two Zero est un livre choc, dont personne ne peut sortir indemne. En retraçant le parcours épique de son commando - le seul d’entre eux ayant réussi à franchir la frontière syrienne a parcouru jusqu’à 300 kilomètres en quelques jours ! -, Andy McNab nous confronte aux limites physiques et psychologiques de la résistance humaine. Avec pour principal enseignement que la guerre chirurgicale, si tant est qu’elle existe, ne sera jamais une « guerre propre ».

 

 

Par Matthieu Roger

 

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 02:28

Éditions Pan Books, 2001 (1ère édition en 1999)


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L’histoire contrefactuelle se propose de réécrire l’Histoire via le procédé de l’uchronie : on se demande comment les événements se seraient enchaînés si à un moment donné le sort avait basculé en faveur du camp vaincu. Même si cette méthode contrefactuelle est dénigrée par certains historiens, qui y voient là un pur amusement de l’esprit et non un travail de recherche sensé et objectif, on ne peut au moins contester à cet ouvrage son intérêt intellectuel certain. Car non seulement celui-ci se propose de se concentrer spécifiquement sur les tournants militaires de l’histoire mondiale depuis 700 ans av. J.-C., mais la vingtaine d’historiens anglo-saxons confirmés voir célèbres (Alistair Horne, John Keegan, etc.) qui ont produit les différents essais compilés s’appuient tous sur des chaînes argumentatives plausibles et justifiables pour envisager l’Histoire qui n’a pas été mais qui aurait pu être. Et en cela What if ? nous offre un des panoramas historiques les plus excitants de ces dix dernières années en termes de stratégie militaire. Par exemple, le judaïsme n’aurait-il pas été éradiqué si les Assyriens avaient pris Jérusalem en 701 av. J.-C. (The Plague That Saved Jerusalem, 701 B.C., par William H. McNeill) ? Quelle aurait été l’histoire de l’Amérique latine si Hernan Cortès avait succombé prématurément à ses aventures outre-Atlantique (The Immolation of Hernan Cortès, par Ross Haring) ? Dans quel monde vivrions-nous aujourd’hui si la Guerre d’ Indépendance américaine avait été gagnée par les Anglais, comme cela a failli être le cas à de multiples reprises (Thirteen Ways the Americans Could Have Lost the Revolution, par Thomas Fleming) ? Combien de temps supplémentaire aurait duré la Seconde Guerre Mondiale si les Japonais avaient remporté la bataille aéronavale de Midway en 1942 (Our Midway Disaster, par Theodore F. Coook) ? Autant de scénarios qui, soutenus par des hypothèses brillantes et des chiffres vérifiables, nous invitent à prendre conscience de la profonde relativité et de l’aspect parfois illogique voire tout à fait imprévisible des succès militaires.

What if ? n’est pour l’instant disponible qu’en langue anglaise. Mais une fois la barrière de la langue franchie, il ne vous restera plus qu’à vous demander ce que votre entendement du monde aurait perdu à ne pas avoir ouvert ce livre.

 

 

Par Matthieu Roger

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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite