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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 14:31

Panini Books, 2013

cover zone-de-guerre

 

 

Zone de guerre est un roman de science-fiction militaire intelligent. Intelligent car il ne se contente pas, loin de là, de juxtaposer des scènes d’action dopées à l’adrénaline. Grâce au personnage de Lex Falk, correspondant de guerre blanchi sous le harnais et quelque peu blasé, Dan Abnett scrute le traitement de l’information en temps de guerre. À l’instar de Dominique Wolton dans son War Game, il questionne les modes de désinformation et la légitimité de la rétention d’information par les autorités politiques et militaires. Sauf que Zone de guerre nous projette dans un futur où les hommes ont colonisé l’espace. Plus d’une centaine de systèmes planétaires sont désormais sous le contrôle de l’humanité, partagée en deux camps hégémoniques : l’Unité de Statut (US) et le Bloc. Ces appellations ne sont pas innocentes, renvoyant respectivement aux anciens États-Unis et Bloc soviétique. La guerre froide s’est donc prolongée et a pris la forme d’une guerre économique pour le contrôle et l’exploitation des différentes ressources stratégiques, concurrence qui se double d’une course à la colonisation des lunes et des planètes. Accrédité par le Bureau d’Implantation (BI) pour réaliser un reportage sur la planète Quatre-vingt-six, Lex Falk va vite sentir qu’il y a anguille sous roche. Tout simplement parce qu’on ne la fait pas à l’envers à un vieux de la vieille comme Lex Falk. Contrairement à ce que laissent entendre les canaux d’information officiels, serait-on proche d’un embrasement de la situation sur Quatre-ving-six ? Voire même du déclenchement d’une guerre ouverte ? Pour trouver réponses à ses questions, notre protagoniste va bénéficier d’une nouvelle technologie révolutionnaire mis à disposition par l’énorme conglomérat entrepreneurial GEO (Géoplanetia Établissement d’Opérations), lui permettant d’être directement connecté au cerveau d’un soldat envoyé au combat. Mais la quête du scoop pourrait bien s’avérer autrement plus dangereuse que prévue…

 

L’auteur britannique est réellement doué pour décrire l’intensité des combats, la cavale d’une unité pourchassée en territoire hostile, la proximité de la mort. Mais la peinture haute en couleurs de ce niveau tactique, dans lequel se trouve subitement plongé le narrateur, n’a de sens que replacée dans son contexte stratégique. Ce qui intéresse en effet le plus Dan Abnett, c’est reconstituer ici, par doses savamment distillées, les motifs inavoués qui, au plus haut sommet de la chaîne de commandement, expédient les trouffions sur la ligne de front. Obéir, mais pourquoi ? Et surtout, pour quoi ?

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite