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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 21:38

Éditions Tallandier, 2010

cover wagram

 

 

Wagram, à l’instar d’Austerlitz (1805) et Friedland (1807), entre dans la catégorie des batailles dites décisives. Celles qui, dans la foulée des combats, obligent l’ennemi à négocier la paix. Aboutissement de la campagne d’Autriche de 1809, il s’agit d’un choc dantesque opposant sur le champ de bataille environ 300.000 soldats. Ce qui la rend extraordinaire, au sens premier du terme, c’est l’emploi extrêmement massif que les deux camps font de l’artillerie. La grande batterie impériale, dont les gueules crachent en continu une pluie de boulets, jouera d’ailleurs un grand rôle dans l’avènement de la victoire française. D’où un véritable carnage, l’affrontement laissant plus de 50.000 hommes sur le carreau, sans compter les 18.000 prisonniers autrichiens.

 

Tout l’intérêt de ce livre est de ne pas se cantonner à la simple relation des diverses offensives et contre-offensives. Arnaud Blin, dont je vous recommande d’ailleurs l’excellent ouvrage sur la bataille d’Iéna (Éditions Perrin, 2003), prend en effet le temps de narrer la totalité de la campagne et de resituer l’affrontement dans son contexte diplomatique et stratégique. Il montre bien l’étendue de la révolution stratégique napoléonienne, qui bouleverse les modes de pensée de l’intelligentsia militaire européenne. Plus encore, il avance l’hypothèse selon laquelle Wagram serait peut-être le premier stigmate de la guerre moderne, de par le volume des troupes engagées et une puissance de feu inédite pour l’époque. Cartes à l'appui, le lecteur assiste au jeu d’échec mettant aux prises Napoléon Ier, auréolé de son invincibilité et de sa gloire militaires, à l’archiduc Charles, le propre frère du souverain autrichien, décrit par l’auteur comme « le plus bel adversaire » qui ait jamais combattu l’Empereur. Ce dernier s’est appuyé sur la mobilité supérieure de ses troupes pour fondre sur l’Allemagne puis s’emparer de Vienne. Ce qui ne l’empêche pas – une première ! – d’être culbuté par Charles à Aspern-Essling. Tirant les leçons de sa défaite, le génie napoléonien démontre une nouvelle fois son exceptionnelle aptitude à planifier chaque détail des opérations. Prélude à un enfoncement du centre ennemi, sa magistrale manœuvre d’enveloppement par les ailes, rendue possible par une audacieuse traversée du Danube, sonnera le glas des espoirs autrichiens.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Stratégie militaire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite