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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 01:05

Bibliothèque de La Pléiade, Éditions Gallimard, 1962

 

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Si Les Trois Mousquetaires et Le Vicomte de Bragelonne sont deux romans qui ont littéralement bercé mon enfance, je gardais de Vingt ans après un souvenir mi-figue mi-raisin. Seules me restaient les images d’un illustre prisonnier au château de Vincennes et des tumultes de la Fronde. Qu’à cela ne tienne, il faut parfois savoir donner une seconde chance à certains ouvrages. Et bien m’en prit, puisqu’à la deuxième lecture Vingt ans après m’a véritablement emballé. On y retrouve la verve propre à Dumas, ainsi que son art feuilletoniste du rebondissement. Deux ingrédients qui confèrent à ce roman historique un rythme endiablé, voire même un peu trop lorsque les péripéties finales sont expédiées à la va-vite. Mais difficile de bouder notre plaisir de retrouver les quatre héros des Trois Mousquetaires. À l’heure où le Parlement et les grands du royaume entrent en rébellion ouverte contre le cardinal Mazarin, voilà d’Artagnan, Athos, Porthos et Aramis mêlés aux intrigues de cette Fronde. Et pour la première fois leur amitié est mise à l’épreuve de la politique : d’Artagnan et Porthos se mettent au service de Mazarin, alors qu’Aramis et Athos embrassent le parti des princes. Mais les barricades parisiennes ne sont pas un terrain de jeu assez vaste pour le conteur d’exception qu’est Dumas. Nos quatre amis passeront donc la Manche pour se retrouver en Angleterre et partir à la rescousse du roi Charles Ier, acculé par les troupes de Cromwell à une ultime bataille qui semble perdue d’avance. S’ensuivent moult aventures qu’il ne serait pas honnête de dévoiler ici…

 

Fresque historique passionnante évoquant à la fois la Fronde et la chute de la monarchie anglaise, Vingt ans après se démarque avant tout par la qualité de ses dialogues et la manière savoureuse dont sont rendus les caractères des différents personnages, des valets des quatre protagonistes jusqu’aux plus hauts agents de l’État. Les joutes oratoires et les traits d’esprits qui ne cessent d’émailler le récit rappellent que l’auteur écrivit également pour le théâtre, et que l’humour, la cape et l’épée peuvent à l’évidence faire bon ménage. Bref, Dumas nous prend encore une fois au piège de l’histoire en nous offrant une énième chevauchée trépidante vers le passé.

 

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite