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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 12:37

Éditions de L’Herne, 2009

cover chomsky

 

 

 

Ce livre regroupe deux interviews de Noam Chomsky, l’un des plus grands intellectuels du XXe siècle. Conduites par Jean Bricmont, professeur de physique théorique à l’université de Louvain, en 2001 et 2009, elles permettent au célèbre linguiste américain d’aborder une multitude de sujets : relations internationales, économie, nature humaine, philosophie, sciences, etc. Comme à son habitude, Chomsky se mue en pourfendeur des lieux communs, balayant les incohérences de la pensée dominante du revers de ses arguments. Pour cela il s’appuie sur ce qu’il nomme « le pari de Pascal : supposons que rien n’est possible et le pire arrivera ; supposons que l’on peut améliorer les choses, alors, peut-être, le fera-t-on ». Un optimisme de bon aloi, qui ne l’empêche pas de toujours se montrer ultra-réaliste quant à son raisonnement.  Et ce n’est pas parce qu’il se déclare à la fois socialiste et anarchiste qu’il prêche un utopisme farfelu. En effet, il définit l’anarchisme comme « une tendance de la pensée et de l’action humaines qui cherche à identifier les structures d’autorité et de domination, à les appeler à se justifier, et dès qu’elles s’en montrent incapables, à travailler à les surmonter ». Voilà un programme que Bourdieu n’aurait lui-même n’aurait pas renié.

 

Raison contre pouvoir, le pari de Pascal est un ouvrage qui ouvre multiplie les pistes de réflexion les plus salutaires. Ses deux auteurs confrontent le lecteur à sa propre méconnaissance du processus de mondialisation et de ses rouages les plus obscurs. En posant ses questions sous forme d’objections, Jean Bricmont permet à Chomsky de dénoncer les lacunes de nos démocraties occidentales, ainsi que la violence – politique, économique, militaire – qui régit actuellement le monde. S’il nous faut faire quotidiennement acte de raison, c’est pour mieux remettre en cause le discours médiatique à tendance monopolistique des élites intellectuelles. Cette contestation des autorités traditionnelles réclame une révolution altermondialiste que Chomsky appelle de tous ses vœux. Non pas une révolution par la violence, mais une révolution par et pour la démocratie, basée sur le refus des mass media et des logiques aliénantes mises en place par les grands de ce monde. Et Chomsky de mettre en avant, à plusieurs reprises, les très pertinentes thèses de Karl Polanyi et Pierre Kropotkine. Le premier a montré comment le marché capitaliste d’État a dû surmonter de nombreuses résistances avant de devenir la doxa internationale. Le second postule que l’« aide mutuelle » est un facteur primordial dans l’évolution du genre humaine, et que celle-ci tendait naturellement vers l’anarchisme communiste. Capacité de résistance et foi dans le réformisme, voilà deux leitmotivs qui devraient constituer les axiomes d’une nouvelle gouvernance. À bon entendeur salut !

 


Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Culture(s)
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite