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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 12:53

Gingko Press, 2009

COVER-OBEY.jpg

 

 

 

Sous-titré The Art of Shepard Fairey, ce magnifique ouvrage d’art aux superbes illustrations ne déparera dans aucune bibliothèque. Publié à l’occasion du vingtième anniversaire du projet Obey Giant, qui rendit Shepard Fairey célèbre dans le monde entier, il rajoute pour le plus grand plaisir du lecteur 96 pages à l’édition originelle de 2006. L’occasion de découvrir l’œuvre aussi gigantesque que percutante d’un artiste hors du commun. Un très bref aperçu vous en est donné actuellement au Musée de La Poste à Paris, dans le cadre de l’exposition Au-delà du Street Art (jusqu’au 30 mars 2013).

 

Ceux qui ne connaissent pas Shepard Fairey, alias Obey, ont sûrement au moins tous déjà vu son portrait de Barack Obama durant la première campagne présidentielle, intitulé Hope, considéré par le New Yorker comme l’illustration politique la plus efficace depuis Uncle Sam Wants You. Mais tout remonte en fait aux années 1990, lorsque Shepard Fairey débuta une campagne de dissémination de ses autocollants et posters Giant dans toutes les villes des États-Unis, en détournant les codes de la publicité et du message politique. Dans son manifeste de 1990, Obey affirme que cette campagne correspond à un processus d’expérimentation phénoménologique. La phénoménologie d’Heidegger, pour le dire de manière simpliste, vise à questionner en profondeur ce que nous percevons de manière superficielle de notre propre environnement. Ce qui pouvait être considéré comme acquis d’avance se mue ainsi en observation abstraite. Heureusement, rien d’abstrait dans l’art d’Obey. Celui-ci, en reprenant inlassablement sur ses compositions le leitmotiv « Obey », se place dans la suite logique des questions politiques soulevées par George Orwell dans 1984 et La ferme des animaux. Avec en ligne de mire un seul objectif : susciter l’interrogation et le questionnement du spectateur, par défaut consommateur et souvent voyeur, devant une œuvre à première vue incongrue et inclassable.

 

Au vu de cette démarche éminemment politique, pas étonnant que les codes d’Obey soient empruntés à la propagande russe et chinoise, que ce soit  à travers la couleur – avec notamment la récurrence du rouge Rodtchenko -– ou la composition. On retrouve souvent dans son œuvre des références à ses premiers travaux, comme l’œil de Big borther is watching you (2006). Selon moi, Obey est certainement le plus talentueux coloriste actuel. Au moyen de seulement deux, trois ou quatre couleurs, il nous abreuve d’œuvres qui non seulement sont belles, mais ont toutes un message percutant à transmettre. L’exemple parfait d’un art qui ne prétend fournir aucune réponse intangible mais ne cesse de nous hanter.

 

Nota bene : Obbey: Supply & Demand se déguste an anglais.

 


Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Culture(s)
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite