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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 16:49

Édition du Seuil, 1995

Peter Burke

 

 

Cet ouvrage de Peter Burke porte sur les stratégies de la gloire utilisées par Louis XIV et ces conseillers dans le but de façonner l’aura publique de la figure royale. Il nous permet de mieux comprendre comment Louis XIV s’est servi de l’art comme d’un outil, qu’on pourrait qualifier aujourd’hui de propagande et de manipulation des « médias ».

 

Les années 1660 marquent ce que l’auteur appelle « l’affirmation de soi », où la personnification du pouvoir s’exalte à travers les arts. Le principal objectif de Louis XIV est alors d’impressionner, ceci est illustré en image par Le Brun avec les excuses du roi d’Espagne et du Pape. Versailles devient alors le symbole de la magnificence royale, qui donne mission à Le Vau et à Le Nôtre d’agrandir ce petit château à proximité de Paris. Durant la guerre de Dévolution de 1667-1668 et la guerre d’Hollande de 1672-1678, la cour est présente aux côtés du roi. Ces victoires entraînent de nombreuses représentations artistiques, de nombreux tableaux et des médailles sont réalisés, le passage du Rhin en 1672 devient le thème du concours de l’académie royale de peinture et de sculpture en 1672, et de grandes fêtes sont organisées à Versailles à l’été 1674. Les dix années de paix qui vont suivre la paix de Nimègue en 1678 entraînent des dépenses plus importantes pour l’art. Puis les années 1682-1683 marquent la sédentarisation du roi à Versailles avec sa cour qui s’y installe en 1682, et la mort de son épouse et de Colbert en 1683. Versailles va devenir un univers social à part entière, avec sa ritualisation de la vie quotidienne et une planification des actions du roi. Louvois, qui remplace Colbert, change de stratégie avec des projets grandioses comme la campagne des statues et des dépenses pour Versailles multipliée par deux. Au moment de la révocation de l’édit de Nantes, les panégyriques en faveur du bon roi chrétien furent nombreux. A partir de 1688, Louis XIV se sédentarise, touché par la goutte il commence progressivement à se retirer de la vie publique, c’est aussi une période moins glorieuse. Pour Burke, les vingt-cinq dernières années de Louis XIV peuvent donc être qualifiées de « coucher du soleil ». A la suite de la mort de Louvois, en 1691, Louis XIV ne dispose plus de ministres d’envergure dans le domaine artistique. Les artistes sont aussi moins distingués qu’avant et n’ont pas le niveau des Molière, Lully ou autres Le Brun.  De plus, à cause de la révocation de 1685, de nombreux artistes protestants quittent le royaume. L’auteur met en avant les « cours satellites » des ducs de Bourgogne ou d’Orléans, qui prennent de plus en plus d’importance. La mort du roi, qualifiée par certains auteurs de « magnifique spectacle », est l’occasion pour Louis XIV de prodiguer conseils à son successeur.

             

Burke dresse dans la dernière partie du livre plusieurs comparaisons avec certains princes italiens, à l’instar de Côme de Médicis qui utilisait souvent l’art pour compenser son manque de légitimité. Le roi soleil va également s’appuyer sur des modèles antiques, avec par exemple la reprise de la statue équestre d’après le modèle de Marc Aurèle. Enfin, des comparaisons sont également possibles avec les chefs d’Etats actuels qui utilisent les médias comme moyens de contrôle et de persuasion. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, Louis XIV pouvait s’appuyer sur la peinture, le théâtre ou la sculpture ; aujourd’hui nous avons Internet, la télévision et le cinéma.

 


Par Thomas Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite