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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 10:11

Éditions Perrin, 2014

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Après son passionnant Fouquet, que nous vous avions déjà présenté sur ce site, Jean-Christian Petitfils se pose avec cette monumentale biographie de Louis XIV comme l’un des plus brillants historiens français d’aujourd’hui. De fait, ce Louis XIV s’avère être bien plus qu’une biographie classique, puisqu’elle dessine une fresque méticuleuse et vivante de chaque aspect des soixante-douze ans du règne du Roi Soleil. Le talent de Jean-Christian Petitfils repose sur sa capacité à mêler et alterner, sans jamais noyer le lecteur dans d’abscons propos, les différents champs d’études, qu’il s’agisse d’économie, des hiérarchies sociales en vigueur, de guerre, de diplomatie, des mœurs, ou bien encore de la structuration politique de l’État. Il démontre ainsi la trifonctionnalité de la monarchie de droit divin louis-quatorzienne, à la fois fédératrice, diviseuse, et niveleuse. Battant en brèche toutes les idées reçues sur Louis le Grand, il souligne avec précision les différentes facettes de ce souverain qui plaça définitivement la France au centre de l’échiquier européen, en déployant sur le plan militaire et diplomatique une « stratégie défensive ». À la fois roi de guerre épris de gloire, amoureux des arts et chef de clans, Louis XIV centralisa au fur et à mesure le pouvoir entre ses mains, transformant son domaine de Versailles en un symbole passé depuis à la postérité. Ses prérogatives sont nombreuses et puissantes ; citons, entre autres, « le pouvoir d’injonction, celui d’édicter les lois, d’accorder les privilèges, de remettre les peines, de gérer les finances publiques comme il l’entend, d’établir et de percevoir les impôts sans le consentement des peuples » (p. 230). Mais en aucun cas ne peut-on parler de pouvoir totalitaire, l’absolutisme royal confortant sa prééminence grâce au pacte historique conclu entre l’Église gallicane et l’État. D’où la révocation de l’Édit de Nantes : de son point de vue, le Roi Très-Chrétien ne pouvait régner que sur un pays uni par une seule et même religion, le catholicisme. En fin du compte, conclut Jean-Christian Petitfils, « le rôle modernisateur et progressiste de la monarchie ne saurait être nié. À preuve la réussite de la société de cour, la maîtrise du processus de compétition des élites, le contrôle par le roi de la mobilité sociale et de l’équilibre des tensions entre les groupes, la tutelle de l’ensemble hiérarchique des corps et des communautés, l’implantation définitive des intendants qui, au XVIIIe siècle, dépossèderont les gouverneurs et tiendront la dragée haute aux parlements provinciaux ou aux collectivités locales. » (p. 738).

 

Ce Louis XIV est un livre d’une remarquable érudition, incontournable, indispensable. 

 

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite