Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 00:05

P.O.L éditeur, 2011

cover-limonov.jpg

 

 

Destin hors normes que celui d’Edouard Limonov. Emmanuel Carrère ne s’y est pas trompé, qui restitue ici la vie du baroudeur russe sous forme de roman, après de nombreuses années d’enquête auprès des figures incontournable de son existence. Mais qui est donc Limonov ? La dernière page du livre tournée, difficile encore de se faire une idée précise et arrêtée du personnage. Même Carrère, qui le connut pourtant lorsqu’il était l’écrivain à la mode du Paris des années 1980, conclut sur d’endémiques interrogations. C’est qu’avant de devenir un des opposants politiques emblématiques à Poutine, Limonov fut tour à tour poète raté,  clochard, valet d’un richissime Américain, auteur reconnu, pour finir par aller faire le coup de feu dans les Balkans au côté des ultranationalistes serbes. Ce dont on peut être sûr, au final, c’est que Limonov, « on ne l’achète pas, on ne le domestique pas. Il est un bandit de grand chemin (…). » De manière parfois crue, à l’image de ses frasques sexuelles et des marathons d’ivrognerie appelés zapoï par-delà l’Oural, Emmanuel Carrère peint une vie remplie d’aventures, de folies, de démesure, de passions.

 

Le plus intéressant, c’est qu’en suivant les pérégrinations de notre charismatique protagoniste se dresse un panorama éclectique de l’Europe de la seconde moitié du XXe siècle. Des milieux underground moscovites et ukrainiens jusqu’aux cercles littéraires parisiens, en passant par le cruel ballet des snipers de Sarajevo, surgissent devant les yeux du lecteur les secousses chaotiques du post-communisme. Edouard Limonov avait une revanche à prendre sur la basse condition de ses origines ; frayant tout au long de sa vie avec le pire, il nous offre le portrait d’une de ces têtes brûlées comme on en voit plus aujourd’hui. Né pour s’incarner en tant que leader, celui qui pense que « la guerre est un plaisir, le plus grand des plaisirs, sinon elle s’arrêterait tout de suite » n’a pas fini d’intriguer.

 

Limonov a reçu le Prix Renaudot 2011.

 

 

Par Matthieu Roger

Partager cet article

Repost 0
Published by Matthieu Roger - dans Fictions
commenter cet article

commentaires

Dominique 06/02/2014 20:28


Merci pour vos remarques sur le nombre d'informations contenus sur ce site.


  C'est vrai que je n'ai pas eu le temps  de bien le mettre en valeur, et qu'il y a pas de mal de pépites qu'il faut aller trouver parfois bien à l'intérieur de certaines pages
 (l'une de mes amies qui est une grande fan de Limonov me l'a fait remarquer).


Par exemple les écrits de Limonov concernant la guerre , qu'on peut trouver dans cette page :


http://www.tout-sur-limonov.fr/222318800

Dominique 06/02/2014 03:36


J'avais les mêmes sentiments de perplexité, à la fin de la lecture du Limonov.


J'étais fasciné par le personnage, mais j'avais du mal à le comprendre.
Je me suis alors lancé dans une recherche tous azymuths, et j'ai découvert des tas de choses.
J'en ai profité pour faire un site ( assez complet je crois) consacré au véritable Edouard Limonov : et le personnage est encore plus incroyable, ahurissant, "bigger than life" que ce que raconte
Carrère :


http://www.tout-sur-limonov.fr/

Matthieu Roger 06/02/2014 15:16



Merci pour le lien de votre site que vous communiquez ici : il constitue, je trouve, une base de donnée assez impressionnante sur le personnage ! L'avis de Prilepine sur l'ouvrage de Carrère est
trsè instructif et permet de relativiser quelque peu la forme brillamment stylisée pouvant parfois faire prendre au lecteur certains faits romancés pour argent comptant.


Cordialement



Recherche

Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite