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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 00:56

Le Livre de Poche, 2004

tres riches heures de l humanite

 

 

 

Dans Les Très Riches Heures de l’humanité, Stefan Zweig cherche à graver dans le marbre les rares moments où l’événement modifie à jamais le cours de l’Histoire. En démultipliant les champs du possible grâce à leur génie ou leur persévérance, certains hommes eurent en effet une influence d’une portée incommensurable. Stefan Zweig l’assène d’emblée dans sa préface : « De telles heures, d’une grande concentration dramatique, porteuses de destin, où une décision capitale se condense en un seul jour, une seule heure, et souvent en une seule minute, sont rares tout au long de l’Histoire. J’essaie de faire revivre ici quelques-unes de ces heures survenues aux époques et dans les contrées les plus diverses et qui, semblables à des étoiles brillent d’un éclat immuable au-delà de la nuit de l’oubli. » (p. 8). Douze chapitres nous font découvrir ici cinq siècles d’aventures en tous genres. Douze chapitres pour autant d’instants où l’événement transcende l’Histoire.

 

Le plus remarquable chez Stefan Zweig, ce sont ses qualités de conteur, sa capacité à littéralement nous faire revivre d’autres époques et à nous transporter sur d’autres continents. Sans jamais tomber dans le grandiloquent ou le dithyrambe, sa plume lyrique réussit à retranscrire la grandeur de hauts faits parfois oubliés. Qu’il s’agisse de la découverte de l’océan Pacifique (1513), de la célèbre bataille de Waterloo (1815) ou du retour de Lénine en Russie (1917), il réussit parfaitement à retranscrire  cet instant où ce qui d’ordinaire se déroule lentement se comprime, détermine et décide tout. À ce titre, deux chapitres m’ont marqué entre tous. Le premier concerne la prise de Byzance par les Turcs (1453), dont l’auteur livre un récit haletant et épique. La volonté farouche de Mehmet II, qui ira jusqu’à faire transborder toute sa flotte de navires de guerre par-delà un promontoire montagneux pour bloquer la rade, s’oppose là au courage des derniers défenseurs byzantins, qui savent bien que les Ottomans ne leur feront aucun quartier. Et que dire de l’ahurissante expédition du capitaine Scott au pôle Sud (1912) ? Jamais l’opiniâtreté humaine ne connut plus tragique dénouement que sur la banquise antarctique.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite