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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 14:19

Éditions La Martinière, 2008


les grands chefs militaires et leurs campagnes

 

Dans la lignée des livres que je vous ai déjà présenté, voici un beau livre qui mériterait sa place au pied du sapin de Noël. Encore que… J’avoue avoir été assez agacé par plusieurs coquilles d’impression, notamment en ce qui concerne les dates des batailles et les effectifs engagés, ainsi que par les textes de présentations des chefs de guerre, parfois trop succincts ou synthétiques. Difficile en revanche de ne pas succomber à la très belle présentation générale de cet ouvrage, une habitude chez les Éditions de La Martinière. Non seulement l’iconographie est magnifique, soulignant de manière pertinente les textes de présentation, mais des cartes tactiques en 3D sont en outre systématiquement proposées, qui mettent en relief la portée des opérations militaires de tel général ou de tel chef de guerre. Voici donc un ouvrage plus destiné au plaisir des yeux et à l’information factuelle qu’à l’approfondissement historique et stratégique des grandes campagnes de l’Histoire. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que le panel des historiens réunit par Jérémy Black,  professeur d’histoire à l’Université d’Exeter et auteur/éditeur de près de 70 ouvrages, nous fait découvrir de nombreux hommes injustement méconnus, ou dont l’influence ne fut parfois pas assez prise en considération, à l’image, entres autres, du Tchèque Jan Zizka et du Hongrois János Hunyadi, deux stratèges du Moyen-Âge, d’Akbar, le bâtisseur de l’Empire moghol, ou encore de Tchaka, le fondateur de la nation zouloue. Au travers des 545 illustrations qui émaillent les récits des conquêtes et des défaites, le lecteur se retrouve immergé dans un immense panorama militaire s’étendant sur 2500 ans, ici découpé en quatre grande périodes : le monde antique (de Cyrus le Grand à Bélisaire), le monde médiéval (de Charlemagne à János Hunyadi), l’âge des empires et des révolutions (d’Hernán Cortes au Duc de Wellington) et l’âge moderne (de Tchaka à Vo Nguyen Giap). Louable initiative, le mini-dictionnaire des noms propres situé en fin d’ouvrage permet également d’évoquer en quelques lignes les illustres militaires n’ayant pas bénéficié d’un chapitre spécifique : Thoutmosis III, Narsès, Michiel de Ruyter, Jean Lannes, Ivan Konev...

L’introduction écrite par Jérémy Black nous rappelle fort justement que « le succès militaire ne se limite pas à la victoire (…) : il suppose la capacité à atteindre ses objectifs, à exécuter un certain nombre de tâches, à remplir une mission ». C’est pourquoi Chandragupta (créateur de l’empire des Maurya en Inde), Edouard Ier, K’ien Long (empereur de Chine, dynastie des Qing) ou encore Eisenhower, s’ils ne furent pas d’extraordinaires tacticiens ou de géniaux stratèges, n’en figurent par exemple pas moins dans cet ouvrage. Même si les véritables qualités des généraux de génie s’expriment aussi bien au niveau tactique qu’au niveau opérationnel ou qu’au niveau stratégique (Alexandre le Grand, Hannibal, Napoléon Ier), les enseignements de la polémologie, tout comme les faits, démontrent l’extrême difficulté à combiner ces trois échelles. Sous oublier la gestion des hommes et du temps, la capacité à discerner et à solutionner les problèmes, et bien sûr la dimension politique, qui la plupart du temps gouverne la définition des objectifs stratégiques.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire militaire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite