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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 13:50

Éditions de l’Œuvre, 2010

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Le prix à payer est le récit poignant du destin extraordinaire de Mohammed al-Moussaoui, fils d’une noble et respectée maison irakienne. Désigné pour succéder à son père à la tête du clan familial, Mohammed jouit de son statut d’homme privilégié, même si les al-Sayyid al-Moussaoui se méfient de l’administration autoritaire et corrompue mise en place par le Parti Baas de Saddam Hussein. Sauf qu’envoyé en service militaire à la frontière iranienne – en 1987 la guerre Iran-Irak fait toujours rage –, Mohammed va découvrir grâce à son voisin de chambrée la foi chrétienne. Plus encore, il va se convertir au christianisme, une décision qui changera à jamais sa vie. Car dans la société islamique irakienne, la conversion à une autre religion autre que l’Islam est considérée comme un crime, passible de mort. Entre la joie que lui apporte cette nouvelle voie spirituelle et le carcan social édicté par le fanatisme religieux, Mohammed va vite prendre la vraie mesure de son choix radical. Renié par ses plus proches, une fatwa est même prononcée à son encontre : il n’est plus désormais qu’un mécréant à abattre.

 

Ce qui est passionnant dans ce livre, c’est le tableau que peint l’auteur des sociétés irakienne et jordanienne. Gangrénées une mise en pratique obscurantiste des commandements du Coran, ces sociétés voient les us et coutumes les plus traditionnelles s’intriquer avec un islamisme politique fondamentaliste qui ne laisse aucune place à la liberté de pensée. Avec en toile de fond la dictature de Saddam Hussein – Mohammed sera torturée par la police politique, privé de toute dignité –, la corruption endémique de l’administration, le clanisme régissant le tissu social irakien, la misogynie triomphante s’exerçant au sein des cellules familiales, sans oublier les rivalités exacerbées entre chiites et sunnites. Que faire lorsque même sa propre mère substitue la haine la plus violente à l’amour ? « Je ne reconnais plus les miens. Ceux qui possèdent des armes, je le devine, sont prêts à appuyer sur la détente au moindre geste, à la moindre parole de travers. (…) Même ma mère, ma propre mère, qui vient de faire son entrée dans la pièce éructe des paroles d’une violence inouïe : Tuez-le et jetez-le dans le Basel ! » (p. 98)

 

Plus qu’une autobiographie, Le prix à payer est un plaidoyer saisissant et éloquent contre l’intolérance, le fanatisme religieux et l’oppression des minorités cultuelles. Sans faire œuvre de prosélytisme déplacé, il met en lumière le caractère irrecevable du fondamentalisme islamique, aux antipodes de l’Islam modéré par exemple majoritaire en France, aujourd’hui terre d’accueil de l’auteur. N’oublions pas qu’en Irak, la chute de Mossoul et l’expulsion de 100.000 chrétiens de leurs villages de la plaine de Ninive ont accéléré leur disparition progressive. Depuis 2003, 90 % des chrétiens d’Irak ont dû, à l’instar de Joseph Fadelle, quitter le pays.

 


Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Culture(s)
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite