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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 13:22

Éditions Vuibert, 2013

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François Thierry est conservateur général chargé des monnaies orientales au Département des Monnaies et Médailles de la Bibliothèque Nationale de France. Dans ce livre, sous-titré Ascension, triomphe et mort du premier empereur de Chine,  il narre l’accession au pouvoir et le règne de Shihuangdi (221-207 av. J.-C.), le premier empereur de Chine. Exercice pour le moins périlleux, tant les travaux antérieurs oscillent entre l’hagiographie ou bien à l’inverse au réquisitoire contre un empereur dit tyrannique et mégalomane. En s’aidant d’une analyse psychologique du personnage, qui explique notamment sa profonde paranoïa, François Thierry réussit à restituer le contexte extrêmement complexe de la très brève unification de la Chine de la fin du IIIe siècle av. J.-C. Mais La Ruine du Qin offre un panorama bien plus vaste de la Chine antique, montrant que les fondements d’une volonté impérialiste de la part des rois du Qin remontent bien plus en amont, Shihuangdi bénéficiant du travail de sape de ses prédécesseurs, qui lui permirent de « cueillir » les autres royaumes combattants comme des fruits murs. Et François Thierry de préciser : « Le triomphe de Qin Shihuangdi fut éphémère et en trompe l’œil. Certes, sous son règne s’est produit l’achèvement de l’unification territoriale de la Chine de l’époque, mais l’unification politique, administrative et économique n’était rien d’autre que la prolongation de celle de Zhaoxiang [ndlr : roi du Qin (370-251 av. J.-C.) brièvement Empereur d’Occident (288 av. J.-C.)] : on a l’impression d’un navire immense qui aurait continué d’avancer sur son élan, sans vent ni capitaine : e la nave a. » (p. 221). Étrange période de confusion idéologique entre autoritarisme d’un état centralisateur, économie agraire, légisme intransigeant et recyclage des slogans confucianistes.

 

On peut toutefois regretter que l’auteur n’évoque pas assez l’outil et les méthodes militaires ayant permis au royaume de Qin de prendre en un siècle un ascendant spectaculaire sur ses ennemis Wei, Han, Zhou, Zhao, Yan, Qi, Shu, Ba, et Chu (cf. carte p. 23). Constituée à parts égales de trêves contractées via les envois d’otages royaux et de périodes de combats sanglants – on n’hésitait pas alors à décapiter les soldats vaincus par dizaines de milliers –, la description faite des intrigues diplomatiques aurait gagnée à être mise en perspective avec l’art de la guerre chinois. Mais La Ruine du Qin n’en reste pas moins un ouvrage surprenant, extrêmement bien documenté, toujours à la recherche d’une véracité historique encore difficile à cerner de nos jours.

 

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite