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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 22:15

Éditions Points, 2010

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Les Éditions Points ont récemment lancé une nouvelle collection intitulée « Les grands discours ». Celle-ci regroupe, au sein de petits opuscules d’une quarantaine de pages, les discours les plus marquants prononcés par certains hommes célèbres, tels Martin Luther King, Barack Obama, de Gaulle, Winston Churchill, Barrès, Trotsky, Mandela, Malraux, etc. Dans l’ouvrage qui nous intéresse ici, on retrouve le dernier discours d’Itzhak Rabin quelques minutes avant son assassinat, en 1995, suivi du texte de la proclamation d’indépendance d’Israël prononcée par David Ben Gourion en 1948, ainsi que la déclaration d’indépendance de l’État palestinien lue par Yasser Arafat en 1988. Trois discours qui nous rappellent le rôle fondamental du discours sur la scène diplomatique internationale. Non seulement le chef d’état s’adresse à son peuple, mais sa parole sert à affirmer un positionnement envers ses opposants et ses interlocuteurs étrangers. Dans le cas du Proche-Orient, véritable poudrière depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le discours est devenue une arme que les uns et les autres manient pour menacer l’ennemi, le condamner, le prendre à parti, interpeller l’opinion publique ou bien réaffirmer une politique donnée. En 2011 le conflit israélo-palestinien n’est toujours pas réglé, puisque le maintien des colonies juives se heurte à la soif farouche d’autonomie des territoires palestiniens. Nul ne sait ce qu’il serait advenu du processus de paix si Itzhak Rabin n’avais pas été assassiné en 1995 par un ultra-orthodoxe extrémiste juif. À l’époque, son message était en effet porteur de tous les espoirs : « La voie de la paix reste encore préférable à celle de la guerre. Je l’affirme en tant que militaire et ministre de la Défense, qui assiste trop souvent à la douleur des familles des soldats de Tsahal. Pour eux, pour nos enfants, et, dans mon cas, pour nos petits enfants, je veux que ce gouvernement déploie toute son énergie et ses facultés en vue de promouvoir et établir une paix globale. » (p. 15). De nos jours, la haine religieuse est toujours entretenue par une minorité au sein de chaque camp. Lorsque je parle de haine religieuse, je l’entends dans son acception culturelle, et non cultuelle ou dogmatique. Ce n’est pas pour rien que David Ben Gourion appelait en 1948 à « la rédemption d’Israël ». Ce n’est pas pour rien que Yasser Arafat disait s’incliner devant les martyrs de la nation arabe ravivant « la flamme de l’Intifada ». Quand la sacralisation de sa propre cause s’énonce au détriment de l’autre, il y a malheureusement peu de place pour une main tendue.

 


Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Relations internationales
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite