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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 02:28

Éditions Flammarion, 2008

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Tout le monde connaît la guerre du Péloponnèse de nom, mais peu savent quels en furent vraiment les enjeux et les acteurs. Victor Davis Hanson, spécialiste de l’Antiquité, historien militaire et professeur émérite à l’Université d’État de Californie, s’attache dans cet ouvrage à retracer l’itinéraire chaotique de vingt-sept années de guerre civile autour des cités de Sparte et d’Athènes. S’absolvant de l’impératif chronologique couramment usité, il convoque tout à tour les différents agents stratégiques du conflit : le feu, la peste, la terreur, les hoplites, les sièges, la cavalerie, les navires, les mentalités, etc. Les dates, l’enchaînement des sièges et des batailles n’interviennent qu’en toile de fond d’une synthèse globale de l’histoire militaire du Ve siècle av. J.-C. qui s’appuie sur les écrits de l’époque, et notamment sur ceux de l’historien Thucydide. La guerre du Péloponnèse raconte ainsi comment la guerre navale prit inexorablement le dessus sur les batailles rangées opposant les phalanges d’hoplites. Dépassée par de nouvelles techniques de combats protéiformes (sièges, coups de mains, raids de cavalerie, massacres de civils et de prisonniers), ce que l’auteur appelle « la logique hoplite » n’en fut pas mois « transmise aux légions romaines, survécut dans les colonnes italiennes, suisses et espagnole du Moyen Âge et les tercios des lanciers, avant d’arriver jusqu’à l’époque des armes à feu, avec la maîtrise par les Européens de l’exercice militaire et du feu de volée » (p. 182). Lutte fratricide, l’affrontement entre Sparte, Athènes et leur myriade d’alliés respectifs marque un dérèglement de ce que certains nommèrent rétrospectivement « l’âge d’or de la Grèce ». Car cette guerre, non contente de mettre à bas les murailles du Pirée et d’assujettir Sparte à l’argent perse, se résume en grande partie à une série d’actes barbares, de massacres de civils et militaires : en 431 les Platéens exécutent tous leurs otages thébains, en 430 les Péloponnésiens jettent par-dessus bord tous les Athéniens capturés, en 427 les Athéniens exécutent mille Mytiléniens, en 424 les oligarques  exécutent leurs opposants démocrates, en 423 Mendè est mise à sac et Mélos détruite en 416, en 413 des écoliers sont massacrés à Mycalesse, etc. (p. 246-247). Et je ne fais que citer quelques dates de la longue liste établie par l’auteur… Victor Davis Hanson n’a cesse de rappeler, de chapitre en chapitre, dans quelle mesure ce conflit ébranla le monde hellénique et panhéllenique. Par l’étendue des moyens et des forces engagées, la guerre du Péloponnèse est peut-être tout simplement le premier exemple de guerre totale de l’Histoire.

 

Après Le jour des barbares d’Alessandro Barebro (cf. ma critique sur ce livre), les éditions Flammarion nous proposent une nouvelle fois un ouvrage d’histoire militaire d’excellente facture. Les notes, le glossaire et la liste des personnages situés en fin de livre permettront à ceux qui le désirent d’aller plus avant dans la compréhension de cet affrontement dantesque.

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire militaire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite