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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 13:54

Éditions Perrin, 2002

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À l’inverse de Lieutenant de panzers, récit autobiographique, August von Kageneck effectue dans La guerre à l’Est un véritable travail d’historien en narrant l’incroyable odyssée du 18e régiment d’infanterie-grenadiers allemand sur le front est entre 1941 et 1945, régiment au sein duquel son propre frère servit avant d’être tué au combat. Restituant la férocité et les conditions extrêmes de combat sur la ligne d’opérations germano-russe, cet ouvrage témoigne de la longue et inexorable descente aux enfers de ces soldats lancés à la conquête des immenses steppes asiatiques. Alors que la percée réussie en 1941 amène les troupes allemandes jusqu’aux faubourgs de Moscou, la réaction soviétique qui s’ensuit transforme l’Europe de l’est en gigantesque charnier et sonne le glas des espoirs de victoire nazis. À première vue la lente agonie de la Wehrmacht, que beaucoup comparèrent à l’échec napoléonien de 1812 – raccourci trop facile de mon point de vue –, semble être un juste retour des choses au vu des atrocités commises durant la Seconde guerre mondiale par le régime hitlérien. Mais von Kageneck explique bien que, même si l’anticommunisme était à l’époque la norme, les soldats de la Wehrmacht étaient bien loin de partager le fanatisme des troupes SS. On se battait pour survivre, non pour la gloire du régime ou pour l’avènement d’un quelconque « espace vital ». De plus, une majorité des troupes allemandes ignoraient ou refusaient de cautionner les actes de sauvagerie perpétrés par les Einsatzgruppen à l’arrière des lignes de combat. Sans chercher aucunement à excuser la folie meurtrière des combattants des deux camps, l’auteur nous place devant le désarroi de ces soldats allemands qui très vite surent que la victoire leur échapperait, qui la plupart du temps vouaient aux gémonies le pouvoir hitlérien qui les envoyait à la boucherie, mais qui ne se battirent pas moins comme des lions jusqu’à Moscou puis Berlin. C’est à l’aune des exploits militaires qui émaillent l’épopée du 18e régiment d’infanterie que l’on comprend pourquoi le soldat allemand était bel et bien le meilleur combattant de la Seconde guerre mondiale. Tous ces actes d’héroïsme et de désespoir, au contraire de la Blitzkrieg qui caractérisa la conquête de l’Europe continentale, configurèrent sur le front est ce que von Kageneck appelle la « Materialschlacht » (schlacht de schlachten, « boucher »), c'est-à-dire une bataille incessante où l’homme n’intervenait qu’en dernière instance, écrasé comme lors de la Première guerre mondiale sous le déluge d’acier de l’ennemi. Ce constat est d’ailleurs révélateur de l’importance cruciale acquise par le renouvellement de l’armement tout au long de la guerre. Le fameux char T34 est par exemple une des clés de la victoire soviétique. Au moment de son apparition sur le front est, les Allemands ne possédaient aucun canon capable de transpercer son blindage ! Autre symbole de l’avènement de la suprématie mécanique : la redoutable mitrailleuse allemande MG42, qui crachait mille coups à la minute. Car au bout du compte, et c’est bien la leçon de ce livre, la mort est la seule chose que les totalitarismes ont à offrir aux peuples qu’ils gouvernent.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire militaire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite