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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 18:18

Éditions Economica, 1997

cover malplaquet

 

 

À l’automne 1709, la situation militaire de la France n’est guère brillante. Affaiblies par une Guerre de Succession d’Espagne qui traîne en longueur depuis déjà huit ans, les armées de Louis XIV enregistrent en effet depuis 1704 une série de défaite qui menace les frontières du royaume. Les plus notables sont celles de Höchstädt, Turin, Ramillies, Oudenaarde, auxquelles viennent s’ajouter les récentes pertes des places-fortes de Lille et de Tournai. On comprend alors pourquoi André Corvisier  (professeur émérite à la Sorbonne et président d’honneur de la Commission Internationale d’Histoire Militaire) a choisi pour cet ouvrage le sous-titre éloquent d’« effondrement de la France évité ». Car si elle ne fut pas une victoire, la bataille de Malplaquet, en voyant à son terme les troupes royales retraiter en bon ordre après avoir infligé des pertes deux fois supérieurs à l’ennemi, redonne confiance aux Français et redore leur blason en gloire et en prestige.


En 1709, Malplaquet n’est rien d’autre qu’une trouée coincée entre deux bois et située sur la route qui se dirige vers Mons. Commandée par les maréchaux de Villars et de Boufflers, l’armée française établit une position défensive, derrière des retranchements qui courent d’un bois à l’autre, sur un terrain bocager, forestier et morcelé. Mis en confiance par leurs succès, le prince Eugène et le duc de Malborough, les deux chefs militaires de l’alliance de La Haye (Angleterre, Provinces-Unies, Empire allemand), n’hésitent cependant pas à passer à l’offensive. S’ensuit une des batailles les plus meurtrières du XVIIIe siècle, où le placement de l’artillerie et les capacités manœuvrières des bataillons d’infanterie jouent un rôle déterminant. Plusieurs heures de combats furieux sur les ailes permettent finalement au prince Eugène de percer le centre français. Après plusieurs contre-attaques aussi vaines que violentes, Boufflers, auquel Villars a passé le commandement en chef après sa blessure, fait retraiter ses troupes qui s’exécutent avec une parfaite maîtrise. André Corvisier n’a donc pas tort quand il parle de « défaite glorieuse », puisqu’elle permet à Louis XIV, sur le plan stratégique, de ne pas s’avouer vaincu et de prolonger la guerre. Les coalisés perdent à cette occasion 20.000 hommes, tribu extrêmement élevé pour l’époque, alors que les Français n’ont à déplorer « que » 10.000 hommes mis hors d’état de combattre. Que ce soit d’un côté ou de l’autre, cette « bataille d’arrêt » comme la qualifie Jean-Pierre Le Flem, met en exergue le courage et la vaillance retrouvés de troupes françaises pourtant aux abois. En cela Malplaquet mérite bien une place d’honneur dans l’Histoire nationale.

 

La bataille de Malplaquet 1709,par l’exhaustivité de ses descriptions, est un livre à réserver aux aficionados de stratégie militaire. Mais, cela étant dit, on ne peut reprocher à André Corvisier un manque de pédagogie, puisque toute une partie de l’ouvrage est consacrée à l’exposition  du contexte politique et économique de la guerre. Les lecteurs qui manquent de temps trouveront un excellent chapitre consacré à Malplaquet dans Batailles d’Hervé Drévillon (déjà chroniqué sur ce blog), voire un descriptif plus sommaire mais tout aussi intéressant de cette bataille dans le Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l’histoire de France (également chroniqué sur ce blog).

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Stratégie militaire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite