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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 08:26

Éditions Phébus, 2008

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Pendant toute sa vie (1850-1923), le capitaine de navire Pierre Loti, de son vrai nom Julien Viaud, a sillonné les mers et terres lointaines, en Inde, à Tahiti, en Turquie, au Sénégal... Une passion du voyage qui n’aura d’égale que sa soif d’écrire et de retranscrire, lui permettant d’être élu à l’Académie française en 1891. L’Inde (sans les Anglais) relate son voyage entrepris de décembre 1899 à mars 1900 à travers toute la péninsule indienne. À cheval sur deux siècles, il nous offre ainsi un regard inédit sur l’Inde brahmanique d’autrefois.

 

Pierre Loti possède un style d’écriture chatoyant, et offre ici un très beau récit de voyages, rempli de lyrisme et de couleurs. J’en veux pour preuve cette peinture toute en nuances d’un crépuscule maritime : « L’horizon, rouge à la base, puis violet, puis vert, puis couleur d’acier, couleur de paon, est nuancé par bandes comme un arc-en-ciel. Les étoiles brillent tellement qu’on les dirait ce soir rapprochées de la terre et, du point où s’est couché le soleil, partent encore de grandes gerbes de rayons, très nets, très accusés, qui traversent toute la voûte immense, comme des zodiaques roses tracés dans une sphère bleu sombre. » (p.26). Mahé des Indes et L’Inde (sans les Anglais) fourmillent de panoramas spectaculaires, de recoins inexplorés et de rencontres surprenantes. Lecteurs allergiques aux longues et riches descriptions s’abstenir… Cet ouvrage nous transporte dans une atmosphère des plus dépaysantes, au cœur d’une Inde aux contrastes extraordinairement prononcés. Les miséreux et les indigents y côtoient les palais les plus luxueux, la luxuriance des forêts vierges tranche sur le rouge sang des tapis poussiéreux des régions désertiques. Pierre Loti remémore le charme suranné des anciennes colonies françaises. Il découvre d’antiques cités en ruines et visite à la lueur des bougies des temples sombres et insoupçonnés, creusés il y a de cela des siècles au cœur de roches ancestrales. Il s’enfonce peu à peu au sein d’une contrée régie par une religiosité omniprésente. L’Inde de 1900 ressemble de fait à une juxtaposition d’étranges cartes postales : cortèges de noce, brasiers funéraires, fakirs, temples interdits, kiosques chamarrés, femmes aux voiles arcs-en-ciel, marchands affairés, horreurs cadavériques, animaux sacrés et essences tropicales se bousculent et forment un tout indicible. Arrivé sur l’île de Ceylan en quête d’une nouvelle spiritualité, l’auteur clôt quatre mois de voyages initiatiques avec regrets, mais sans nouvelle certitude.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Géographie
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commentaires

beautiful-photography 22/10/2011 21:52



Petit passage certes tardif mais amical de Beautiful-photography pour te souhaiter un excelent week-end :)


Bien à toi,


Jessy :)



Matthieu Roger 14/11/2011 19:42



Merci pour ton commentaire. Ne pas hésiter à repasser sur ce site régulièrement mis à jour.



Recherche

Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite