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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 18:42

Somogy éditions d’art, 2005

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Jean-Charles Langlois est un peintre français injustement méconnu. C’est pourquoi ce livre et l’exposition éponyme qui s’est déroulée au musée des Beaux-Arts de Caen du 9 juillet au 17 octobre 2005 lui ont rendu hommage. Car Langlois offre l’exemple peu commun d’un militaire de carrière devenu artiste précurseur. Ancien officier de la Grande Armée de Napoléon, il peignit d’immenses peintures de batailles, devenant sous le Second Empire le spécialiste du genre. Ses gigantesques panoramas furent exposés à 360° dans des rotondes spécialement construites pour l’occasion et permettant d’accueillir le public. Réalisés entre 1831 et 1865, les panoramas de la bataille de Navarin, de la prise d’Alger, de la bataille de la Moskova, de l’incendie de Moscou, de la bataille d’Eylau, de la bataille des Pyramides, de la prise de Sébastopol et de la bataille de Solferino offrirent aux spectateurs de l’époque une mise en scène et des sensations visuelles inédites, en même temps qu’elles s’inscrivaient dans la propagande du régime bonapartiste. Capable d’animer la fureur des combats sur des surfaces de plus de dix mètres de haut et de plusieurs dizaines de largeur, Langlois fut l’un des premiers à associer la peinture aux dioramas et aux procédés photographiques naissants. Il n’hésitait pas à se rendre plusieurs mois sur les anciens chants de bataille qu’il souhaitait peindre, afin de procéder à séries de photographies et de relevés topographiques qui structureront ensuite ses compositions. Outre ses panoramas grandioses et novateurs, nombreuses furent ses peintures exposées entre 1822 et 1855 au Salon de peinture et de sculpture de Paris. Bien que la thématique militaire soit omniprésente chez Langlois, celui qui fut l’élève de Girodet et d’Horace Vernet est tout aussi à l’aise lorsqu’il s’agit d’aborder la peinture de paysages, en attestent ses tableaux magnifiquement réalisés du site des temples de Karnak (p. 138 à 144) ou de la fontaine du Hamma à Alger (p. 85). Sa recherche constante du réalisme et de l’illusion a frappé ses contemporains, au nombre desquels Maxime du Camp qui note dans ses Souvenirs littéraires : « Le colonel Langlois était et doit rester célèbre, car c’est à lui, plus qu’à tout autre, que l’on doit en France, sinon la création, du moins le perfectionnement des panoramas. C’est lui qui le premier transporta le spectateur au centre même de l’action représentée, modela la peinture avec soin, distribua abondamment la lumière sur la toile et produisit un effet qui touche de près à l’illusion. Sa bataille de Navarin était extraordinaire d’animation, de fougue et d’emportement. Quel tumulte ! Mais quel silence ! J’en fus effrayé. Quoi ! La colonne d’eau soulevée par les boulets ne s’affaisse jamais, la lueur même du canon brille toujours, le capitaine du vaisseau Milius n’abaisse pas son bras dressé par un geste de commandement ; cette immobilité me glaçait, car je la trouvais surnaturelle. On dit d’un portrait ressemblant : il ne lui manque que la parole ; de ses batailles on pourrait lui dire : il ne leur manque que le bruit ».

 

Comme à leur habitude les éditions d’art Somogy nous proposent avec Jean-Charles Langlois 1789-1870 – Le spectacle de l’Histoire un ouvrage de fort belle facture, aux illustrations choisies et de qualité. Ceux qui s’intéressent à l’histoire militaire représentée par les beaux arts ne seront pas déçus. Quant aux autres, je les invite à passer leur chemin.

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Arts et histoire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite