Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 22:27

Éditions Gallimard, 2010


 cover-sureau.jpg

 

Inigo tel un feu. Tel ce feu de la conversion qui brûle et ravage Inigo López de Loyola, celui qui fonda en 1539 la célèbre Compagnie de Jésus. Ce livre, qui se démarque du paysage littéraire français par la très grande qualité de son écriture, n’aborde ni  le pèlerinage en Terre Sainte ni la période jésuite d’Ignace de Loyola. Il se penche sur le jeune gentilhomme espagnol avide de gloire et de hauts faits, qui défend coûte que coûte les contreforts de la citadelle de Pampelune face aux assauts de l’infanterie et de la cavalerie françaises. Blessé par un boulet, la jambe brisée, celui-ci se retrouve cloué au lit pendant de nombreuses semaines. Temps de doutes, d’angoisse et de remises en cause. S’ensuit le récit assez hallucinant d’une conversion spirituelle que rien ne laissait présager. Touché par la grâce divine, Ignace décide d’abandonner le métier des armes, et se fera pèlerin puis ermite, vivant d’ascèse et de prières.

 

Inigo, comme je l’ai déjà dit, est un livre sur la conversion. Tout le talent de l’auteur est d’en restituer l’incommensurable violence. Submergé par l’amour de Dieu, Ignace n’en saisit ni les tenants ni les aboutissants. Il choisit de laisser désormais cette force spirituelle guider sa vie. En une invitation permanente au service désintéressé, à l’oubli de soi, à l’abandon total. Le lecteur assiste au combat de ce soldat contre ses pulsions d’homme : honneur, désir de gloire, plaisirs de la chair. Le style extrêmement sensible de François Sureau nous transporte dans un tourbillon d’états d’âme, au beau milieu d’une bataille spirituelle dont le protagoniste sortira éprouvé mais réconcilié avec lui-même. Et l’auteur de citer Rimbaud en épitaphe : « le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes ». Avec cet ouvrage il fait œuvre de portraitiste, où pour le dire plus précisément de peintre de la conscience. Un exercice de style brillant, à l’évocation puissante, mais qui ne nécessitait pas les quinze pages d’apostille finales.

 


Par Matthieu Roger

Partager cet article

Repost 0
Published by Matthieu Roger - dans Fictions
commenter cet article

commentaires

Recherche

Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite