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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 19:16

Éditions du Seuil, 2007

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En 1943, suite aux demandes répétées des soviétiques qui requièrent l’ouverture d’un nouveau front à l’ouest, les Britanniques et Américains prennent une décision qui marquera l’histoire du XXe siècle. Ceux-ci prévoient pour 1944 un débarquement de grande ampleur sur les côtes françaises, qui permettra de hâter la chute désormais inévitable du IIIe Reich. Alors que la guerre fait rage dans le Pacifique, aux confins d’Europe de l’est et en Italie, les Alliés mettent en branle une gigantesque machine de guerre économique et militaire, avec pour seul objectif en tête celui d’assurer le maintien de la tête de pont au soir du 6 juin 1944.

 

Dans ce livre Olivier Wievorka, actuel directeur de la revue Vingtième Siècle et professeur d’histoire contemporaine à l’École Normale Supérieur de Cachan, fournit un exposé complet des problématiques qui se posent aux Alliés et aux forces allemandes quant à la préparation et à la conduite de la guerre sur le nouveau front occidental. Il aborde les tractations diplomatiques qui conduisirent à opter pour un débarquement en France – Churchill étant par exemple plutôt favorable à l’ouverture d’un nouveau front dans les Balkans – et à choisir la Normandie comme théâtre d’opération. Il expose l’état des forces en présence, et décrypte l’énorme mobilisation économique, non sans accrocs, des démocraties occidentales en vue de cette échéance cruciale. Lorsque la stratégie dépend à ce point de la planification logistique, chaque objectif militaire édicté peut-être remis en cause du jour au lendemain. L’auteur présente également la chaîne de commandement alliée, qui sera quelque peu remaniée au profit de l’état-major américain suite au piétinement des troupes anglo-canadiennes du général Montgomery devant Caen. Ce débarquement sur les plages de Normandie s’avère être au final une réussite, les Allemands ne réussissant pas à mobiliser assez rapidement leurs troupes cantonnées dans le nord de la France pour espérer rejeter les Alliés à la mer. Non seulement le mur de l’Atlantique cède en quelques heures, mais un certains nombre de membres du haut-commandement de la Wehrmacht craignirent pendant longtemps, et ce même après le D-Day, qu’un autre débarquement d’envergure ait lieu dans le Nord-Pas-de-Calais. Fixés à Caen, puis débordés sur leur flanc ouest par les Américains, les troupes de l’Axe combattirent courageusement mais ne pouvaient espérer l’emporter autrement qu’en repoussant l’assaut dès les première heures. Des premières heures qui furent d’ailleurs les plus éprouvantes pour le GI moyen qui, comme le déclarait un officier américain « ne comprit jamais rien à la guerre et ne sut pas vraiment pourquoi il combattait en Europe. (…) Il combattit simplement pour en finir et pour renter chez lui. Il combattit pour tuer des hommes qui voulaient le tuer. Il combattit aussi pace qu’on le lui ordonnait et parce qu’il n’y avait pas de moyen de faire autrement sans être déshonoré ». N’oublions jamais que c’est dans le sang de bloody Omaha que fut acquise la gloire future du nom de code « Overlord ».

 

Même si Olivier Wiervorka n’a pas la plume léchée d’un Paul-Marie de la Gorce, Histoire du débarquement en Normandie n’en constitue pas moins un travail de recherches historiques remarquable.

 


Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire militaire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite