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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 15:14

Éditions Mille et une nuits, 2003


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L’Histoire de Rome de Pierre Grimal est l’ouvrage d’introduction à la civilisation romaine par excellence. En 150 pages, celui qui fut membre de l’École française de Rome et membre de l’Institut nous narre ce que fut réellement la société antique romaine, ses légendes et ses hauts faits. Il nous conte avec malice le village des premiers temps, la ville nouvelle sur laquelle régna les rois, son expansion en Italie, sa découverte des réseaux méditerranéens, tout en tentant de saisir l’âme de ce peuple qui domina pendant si longtemps l’occident. Mais le chemin fut pavé d’obstacles jusqu’à l’imposition de la pax romana à tout le pourtour méditerranéen, en témoignent les longues et épuisantes guerres puniques contre la Carthage d’Hamilcar et d’Hannibal, ainsi que les complots politiques incessants qui marquèrent l’histoire de la Ville. La fin de la République, lors de l’accession au pouvoir d’Octave Auguste, marqua le début l’Empire. Cette période, sans doute la plus connue du grand public, est celle d’une fonctionnarisation de la société et de l’expansion maximale de l’hégémonie romaine. De la Bretagne (l’Angleterre d’aujourd’hui) aux frontières syriennes, c’est Rome qui décide de la destinée des provinces et des communautés placées sous son autorité. La Rome des Césars, grâce à ses nombreuses légions, veille à la défense des frontières, offrant par la même occasion aux provinces de l’empire une prospérité inédite. Ce que montre bien Pierre Grimal,  c’est que la société romaine, au-delà de ses dissensions politiques internes, a toujours fait montre d’une capacité d’assimilation au-dessus de la moyenne. C’est sa faculté à étendre toujours plus encore le nombre de ses cités vassales, tout en leur conservant les droits fondamentaux de la citoyenneté romaine, qui contribua à la longévité de Rome en tant que cité souveraine. L’histoire de cette cité, rythmée par les guerres et les révolutions de palais, montre comment une simple ville, à force de volontarisme politique, a su s’imposer au reste du monde. Le syncrétisme religieux et philosophique dont firent continuellement preuve les Romains leur permirent d’appréhender les contrées nouvellement conquises pour mieux les soumettre. Ainsi le droit régalien romain a-t-il su continuellement s’adapter aux soubresauts politiques du monde méditerranéen. La marche de la république à l’empire – l’âge d’or des arts et des lettres – a, de fait, constitué l’apprentissage d’une stratégie de diplomatie uniquement axée sur les intérêts propres de la Ville. Le pouvoir impérial, en mettant au pas le Sénat et les revendications de la plèbe, forme dès 27 av. J.-C. un nouvel État dans l’État, engageant un processus dynamique qui possède ses propres logiques, paradoxales, de consolidation et de fragmentation de la société. Avec le style clair et alerte qui le caractérise, Pierre Grimal nous offre avec ce livre, sous le format d’une brillante synthèse historique, le panorama d’une des plus impressionnantes épopées de l’Histoire. Cette Histoire de Rome, qui met en scène une myriade de personnages illustres, se lit et se savoure comme un roman.

 

À ceux qui seraient tentés par une étude plus approfondie de la civilisation romaine, je conseille la lecture de La civilisation romaine (éditions Arthaud, 1984), autre ouvrage très exhaustif écrit par le même auteur.

 


Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire
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commentaires

Yo 11/06/2011 15:37



En complément de l'ouvrage de Pierre Grimal "Histoire de Rome" je vous recommande "Histoire de la Rome Antique" de Lucien Jerphagnon aux éditions Tallandier (il y a plusieurs rééditions de 1987 à
2010)



Matthieu Roger 11/06/2011 19:01



Je note votre recommandation, merci.



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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite