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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 19:36

Coédition Bernard Giovanangeli Éditeur & Ministère de la Défense, 2012

 

cover-detaille.jpg

 

 

 

Saluons l’heureuse initiative d’enfin publier un ouvrage dédié au remarquable peintre que fut Édouard Detaille. Édouard Detaille, un siècle de gloire rend hommage à l’homme qui fut en son temps considéré comme l’un des chefs de file de la peinture française de la dernière partie du XIXe siècle. Célèbre à l’époque, Édouard Detaille, au sujet duquel Albert Soubies déclarait en 1915 qu’il fut « l’un des artistes contemporains sur lesquels on a le plus écrit », a depuis mystérieusement disparu de la mémoire nationale. Une injustice tellement ce grand peintre français a perpétué avec génie le genre militaire en peinture. Cet ouvrage permet en effet de se rendre compte du coup de pinceau saisissant et réaliste propre à Detaille. Compilés au fil des pages, ses plus grands tableaux révèlent la maîtrise dont fit preuve ce brillant élève de Meissonier pour retranscrire sur toile le soldat au cœur des combats, ou tout simplement absorbé par les tâches de la vie militaire. S’il a consacré un grand nombre de ses premières œuvres les plus importantes à la guerre de 1870, c’est parce que Detaille combattit sous l’uniforme tricolore durant ce conflit. Appartenant au cercle restreint des peintres officiels de la IIIe République, il n’en demeura pas moins toute sa vie fervent bonapartiste, d’où son goût pour l’Empire et ses cavaliers chamarrés. Je retiens entre toutes les magnifiques figures de cavalerie qu’il nous offre avec « En batterie », artillerie de la Garde, régiment monté (Salon de 1890), « Vive l’Empereur ! » : charge du 4ème Hussards à Friedland (1891), ainsi que Le général Lasalle tué à Wagram (Salon de 1912). Tout simplement splendides ! Illustrant durant des décennies les manuels d’histoire, son Rêve de 1888 révèle une autre facette de son art en livrant aux yeux du spectateur abasourdi un émouvant parallèle entre des soldats endormis au bivouac et leurs songes allégoriques des gloires militaires passées. « L’aube point, tandis que défilent dans les cieux les soldats de Valmy et d’Iéna, les Africains de Bugeaud, les régiments de Magenta et Solferino » (p. 80-81). Un souffle épique que l’on retrouvera plus tard dans La chevauchée vers la gloire, superbe peinture murale d’une abside du Panthéon, à Paris (1905). Car Detaille n’est pas seulement peintre. Il est également, à l’instar de Jean-Charles Langlois, un grand panoramiste et décorateur.

 

Maître peintre, homme influent, grand bourgeois, loyal en amitié, tels sont les qualificatifs dont on peut parsemer à la va-vite le brillant parcours d’Édouard Detaille. Cependant, il ne faut avant tout pas perdre de vue que celui qui fut parfois contesté pour son esthétique réaliste ou ses opinions politiques militaristes entend nous lèguer à travers son œuvre l’amour de la nation et de l’héroïsme qui l’ont toujours profondément habité. C’est à l’aune de ce patriotisme esthétisant et nullement outrancier qu’il nous faut aujourd’hui appréhender la beauté des toiles de Detaille.

 


Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Arts et histoire
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commentaires

Bruno 18/12/2012 11:22


Je viens de l'acquérir. Excellent album recensant l'oeuvre du peintre des "batailles".

LP 02/10/2012 16:09


Cher Matthieu, 


Nous avons une de ses toiles à Versailles (prêtée par le grand-père de LVE)


:)

Matthieu Roger 02/10/2012 23:14



Il faut absolument que je vois ça de mes yeux ! 



Recherche

Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite