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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 10:32

Éditions Perrin, 2011

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Avec cet ouvrage l’historien et maître de recherches à l’Institut de stratégie et des conflits Bruno Colson s’est livré à un exercice brillant de synthèse et d’analyse critique de la pensée stratégique napoléonienne. Pour se faire, il est allé recueillir une multitude de sources : correspondance privée et publique de Empereur, paroles rapportées par ses contemporains, archives, publications historiques, études préexistantes. Cela lui permet de présenter les propos de Napoléon de manière quasi exhaustive, et ce selon un ordre bien précis. En effet, ce De la guerre suit le même chapitrage que le Vom Kriege de Carl von Clausewitz, en se découpant pareillement en huit livres : « la nature de la guerre », « la théorie de la guerre », « de la stratégie en général », « le combat », « les forces militaires », « la défense », « l’attaque »,  et « le plan de guerre ». Bruno Colson justifie ce choix par le fait que Clausewitz prit en référence constante l’art de la guerre napoléonien pour écrire le traité qui forgea sa célébrité. Vu le résultat obtenu, on peut dire que son choix s’avère des plus pertinents.

 

Au fil des quatre-cent cinquante pages, on réalise l’étendue et la variété phénoménales des avancées apportées par Napoléon à l’art de la guerre. S’appuyant sur la masse démographique que met à sa disposition la conscription nationale, celui qui conquit l’Europe continentale montre qu’il fut aussi bien stratège hors pair qu’un meneur d’homme extraordinaire. Pendant, vingt ans, il révolutionna la stratégie opérationnelle militaire, en systématisant l’utilisation combinée des divisions et corps d’armée, et en faisant de la concentration interarmes le moyen ultime pour briser les armées ennemies. En 1806, contre la Prusse, l’Empereur réussit à orchestrer une projection de forces de plus de sept cent kilomètres, des bords du Rhin jursqu’à la Baltique ! L’avantage crucial que Napoléon possédait sur ses ennemis, avant que ceux-ci finissent par intégrer ses révolutions militaires, fut d’appréhender le hasard comme une variable à part entière. Cela le conduit à refuser tout dogme ou doctrine militaire intangible, et à faire de l’adaptabilité la première qualité du général en chef. Napoléon n’eut jamais le temps de théoriser son expérience du terrain – ce livre a d’ailleurs pour but d’y remédier –, mais il ne cessa jamais, tout au long de sa vie, de s’inspirer des hauts faits et erreur de ses prédécesseurs (Alexandre, César, Hannibal, Turenne, Malborough, Frédéric II, etc.). La méticulosité qu’il met à préparer ses campagnes ne cède en rien à sa faculté de saisir en un coup d’œil le point de rupture au sein de la ligne adverse. Marcher vers le plus gros des forces ennemies, avec la totalité de ses forces réunies, voici l’axiome qu’il mit le plus souvent en pratique. Il érige de fait la rupture comme principe tactique, et la victoire comme but politique ultime. Comme il le dit lui-même : « en résumé, mon plan de campagne c’est une bataille, et toute ma politique, c’est le succès ».

 

De la guerre est un ouvrage à posséder sans faute au sein de sa bibliothèque stratégique.

 



Par Matthieu ROGER

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Published by Matthieu Roger - dans Stratégie militaire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite