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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 00:53

Coédition (mouvement)SKITe – sens&tonka, 2004


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Les Visibles manifestes constituent le second opus de la collection d’essais documentaires Culture Publique. Après un premier volume consacré à L’Imagination au pouvoir, ces nouveaux morceaux choisis invitent le lecteur à retraverser la mémoire encore agissante de la politique culturelle contemporaine. Ils reviennent notamment sur la politique des grands travaux architecturaux qui émailla la période mitterrandienne (Grand Louvre, Bibliothèque Nationale de France, Opéra Bastille, etc.). Au-delà de ces érections monumentales, l’encouragement durant les années 1980 des œuvres d’art publiques pose la question d’un vitalisme culturel retrouvé. Entre rupture et perpétuation d’un « État-spectacle », autour des figures tutélaires de François Mitterrand et Jack Lang, les diverses contributions recueillies dans cet ouvrage interrogent la part visible du volontarisme politique. Telles les parties immergées des coulisses élyséennes, les lettres échangées entre le ministre de la culture et son président montrent la nécessité de l’arbitraire lorsque les enjeux culturels sont d’envergure nationale. Les Visibles manifestes permettent alors de mieux comprendre les tenants et aboutissants des choix effectués  à l’heure du 1 % culturel.

 

Au milieu d’une trentaine d’analyses dont celles Jean-Marc Adolphe, Patrick Bouchain ou encore Dominique Perrault, la perspective que nous livre le sociologue Jean Viard sur l’état de la culture en France s’avère selon moi des plus pertinentes. Je cite : « La culture a historiquement accompagné l’idée de conquête, s’associant aux découvertes, mais aussi à la domination, à l’aliénation, le tout sous l’égide de figures emblématiques. (…) Comment passe-t-on d’un monde de la conquête à un monde de l’habité ? Comment sait-on le rendre désirable ? Actuellement, on en a plutôt peur. Certes, depuis trente ans, nous nous sommes énormément ouvertes à la circulation des biens matériels. (…) Mais la France est un pays qui n’a connu que très tardivement une curiosité à l’égard de la culture des autres, car elle a toujours eu une vision missionnaire de son rôle. Nous sommes donc dans une période où nous nous rendons compte que les autres font œuvre, ce qui n’est déjà pas si mal. Mais qu’avons-nous à dire de ce monde qui naît ? » Encore faudrait-il que « le faire œuvre » dont parle Jean Viard fasse sens. Un défi auquel se doit de se confronter toute politique culturelle digne de ce nom.

 

 


Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Culture(s)
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite