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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 02:48

Éditions Raisons d’Agir, 2001

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On ne présente plus Pierre Bourdieu, le célèbre sociologue français qui s’est éteint récemment en 2002. Rappelons tout de même que sa pensée sociologique s’articule autour de l’idée que tout rapport social procède d’un rapport de violence, plus ou moins latente, et est sous-tendu par une relation de dominant/dominé.

 

Cet ouvrage est en fait le second opus d’une compilation de textes que Pierre Bourdieu a rédigés à l’orée des années 2000 à l’occasion de ses différentes conférences données à l’étranger.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Contre-feux ne fait pas dans la dentelle : Pierre Bourdieu livre ici un véritable réquisitoire contre le processus de globalisation, le capitalisme et l’ultralibéralisme ambiants. Sa thèse est simple voire binaire : le fonctionnement actuel de l’économie globale asservit la plus grande partie de la population dans un rapport de domination qui s’effectue et s’aggrave de jour en jour au profit des quelques dirigeants des plus grosses institutions financières internationales, comme l’OMC par exemple. D’où son idée de fonder, pour aller à l’encontre de cette violence économique et sociale, un mouvement social européen institutionnalisé, qui serait capable de lutter à armes égales avec les conglomérats de la grande finance spéculative. Pour ce faire, il propose de coordonner les différents organismes syndicaux européens en une internationale du syndicalisme rénové, et d’associer, toujours au niveau européen, chercheurs et militants syndicats pour établir une doctrine alternative au capitalisme. Cet appel à un nouvel internationalisme ne comporte pas qu’un volet économique ou social, mais appréhende également les dangers qui selon lui guette les différentes cultures nationales. L’ennemi à combattre est la standardisation culturelle véhiculée par l’impérialisme américain. C’est pourquoi les chercheurs, et notamment les sociologues, doivent avoir pour mission de détecter les processus de déculturation. C’est seulement si chaque citoyen devient conscient de son oppression économique, sociale et culturelle qu’une nouvelle gouvernance internationale sera possible. Une nouvelle gouvernance qui selon Pierre Bourdieu doit redonner à l’Etat sa capacité régulatrice et aux peuples de nouvelles marges de manœuvres réflexives.

 

Si Contre-feux a parfois le don d’agacer le lecteur par certains procédés d’argumentation pour le moins caricaturaux, il n’en demeure pas moins que sa nature parfaitement assumé de pamphlet socio-économique soulève de nombreuses questions cruciales en ce qui concerne le futur de l’humanité. Là où Pierre Bourdieu se montre le plus convaincant, c’est lorsqu’il défend la diversité culturelle. C’est ce dernier concept qui deviendra peut-être la pierre d’angle du renouveau social appelé de tous ses vœux par l’auteur.

 


                                                                Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Mondialisation
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite