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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 13:07

Éditions du Seuil, 2011

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Ce que j’apprécie par-dessus tout chez Frédéric Encel, c’est la clarté de son propos, qui s’appuie sur la pertinence et la multiplicité des exemples fournis. Dans Comprendre la géopolitique, il cherche à retranscrire de manière précise les nombreux dénominateurs communs du terme « géopolitique ». Pour cela il convoque les concepts de frontière, de souveraineté, de puissance, de rapports de force, d’opinion, de terrorisme et de guerre. Cette mise en perspective théorique se double d’une mise en perspective historique, lorsque l’auteur expose les différents intellectuels et écoles qui furent à l’origine de la géopolitique entendue comme discipline universitaire. Ainsi la géopolitique devient avant tout « un raisonnement intellectuel », qui synthétise les divers pans de l’étude des relations internationales. Si le géographe Élisée Reclus avait proclamé au début du XXe siècle que la géographie n’était autre chose que l’histoire dans l’espace, de même que l’histoire était la géographie dans le temps, on serait tenté d’en dire de même pour la géopolitique. Cette dernière emprunte en effet constamment à la géographie, à l’histoire, à l’économie, ou encore à l’art militaire.

 

Même si, comme on le voit, la géopolitique est un terme qui recouvre de nombreuses acceptions, sa pensée contemporaine ne doit en aucun cas faire l’économie d’une visée proactive. Ainsi Frédéric Encel considère-t-il cette discipline comme un cadre d’analyse permettant « d’accompagner en temps de crise les diplomates et responsables politiques dans leur prise de décision, et les simples citoyens dans leurs prises de positions ». À l’inverse, ce présupposé permet notamment d’affiner notre compréhension de certaines décisions diplomatiques. Si Sadate effectua une visite de Jérusalem en 1977, c’était pour s’attirer les bonnes grâces des États-Unis, leur aide économique participant au développement économique de l’Égypte. Si Begin engagea une guerre au Liban en 1982, c’est qu’il visait la destruction de l’OLP, afin d’entraver la constitution d’un État palestinien dans les territoires. En fin de compte, la notion de géopolitique rejoint toujours celle de conflit. D’où, selon l’auteur, la nécessité d’un questionnement éthique. Faut-il penser la guerre pour mieux la gagner ou pour mieux la combattre ?

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Relations internationales
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite