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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 19:10

Éditions Allia, 2010

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Dans la nuit du 5 au 6 juillet 1536, Lorenzo de Médicis, dit Lorenzino, assassine le jeune duc Alexandre de Médicis, alors maître de Florence et gendre de Charles Quint. Rédigée par Lorenzino pour être lue dans les cercles politiques italiens, cette Apologie constitue à la fois une réponse à ses détracteurs et un développement des motivations éthiques et politiques de son meurtre. Invoquant les impératifs moraux des principes de citoyenneté et liberté, Lorenzino justifie son acte comme nécessaire à la république de Florence. Partant du présupposé qu’« il est bien que les tyrans soient tués », l’auteur a rédigé ce libelle dans le but de clarifier trois points essentiels. Premièrement, il explique en quoi Alexandre était un tyran. Deuxièmement, il dénonce le qualificatif de traître que certains accolent à son nom, puisqu’il affirme n'être ni serviteur ni parent dudit Alexandre. Troisièmement, il montre en quoi sa décision de fuir Florence après le crime pour rejoindre les ennemis des Médicis fut juste et inévitable. L’auteur livre donc son Apologie comme un témoignage auto-justificateur, comme une condamnation à mort universelle de la tyrannie. Son choix d’assassiner Alexandre fut le bon, dit-il, quoi qu’il lui en coûte, quoi qu’en pensent ses contemporains. Dans sa postface de l’ouvrage, Francesco Espamer s’appuie sur les différentes analyses du tyrannicide pour réfuter « l’image engendrée par le XIXe siècle d’un Lorenzino sombre, pâlichon et renfermé ». Selon lui, Lorenzino a composé l’Apologie avec éloquence, « pour rappeler aux contemporains et à la postérité que, malgré tout, il avait accomplie, lui, tout seul un geste mémorable ».

 

Même si l’Apologie ne fut pas imprimée du vivant de son auteur, elle continua longtemps après sa mort de circuler sous forme manuscrite. Elle fut publiée pour la première fois en 1723. Exercice de style rhétorique, elle rend compte d’une époque où complots et assassinats politiques décidaient du destin des principautés italiennes.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite