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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 18:59

Éditions France Loisirs, 1995


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Passionnant : voici le premier qualificatif qui me vient à l’esprit au sujet de ce livre. Comme le dit lui-même l’auteur dans son avant-propos, son but est ici d’ « examiner, pour chaque camp, et pour chaque étape de la guerre, les choix stratégiques qui furent faits, en voir les raisons, en décrire l’accomplissement, en mesurer les conséquences ». Le fait est que Paul-Marie de la Gorce réussit pleinement son pari, en reliant sans cesse les trois principaux niveaux stratégiques, à savoir la tactique militaire, la stratégie des fronts et champs d’opérations, et enfin les négociations diplomatiques. Il décrypte ainsi toutes les évolutions stratégiques du camp des Alliés et des forces de l’Axe entre 1939 et 1945. Une quinzaine de cartes tactiques viennent illustrer son propos, permettant une meilleure visualisation des grandes offensives et contre-offensives. Partant du jeu des alliances qui, inexorablement, conduisit au déclenchement de la guerre, on suit pas à pas Churchill, Roosevelt, Staline et Hitler, leurs généraux et leurs diplomates dans ce qui devint très rapidement un conflit d’ordre planétaire. Grâce à un remarquable travail d’historien, l’auteur expose comment ces chefs d’États durent constamment prendre en compte les dimensions militaires, politiques et économiques de la guerre, donnant tour à tour la priorité à l’une ou l’autre de ces considérations. Plus qu’une prise en compte de la révolution tactique introduite par le concept de Blitzkrieg (lire à ce sujet Lieutenant de panzers d’August von Kageneck), les chefs des deux camps ennemis doivent faire face à la multiplication des théâtres d’opérations, même secondaires : guerre à l’Ouest, guerre à l’Est, guerre sous-marine de l’Atlantique, guerre aéronavale du Pacifique, mais aussi les combats en Norvège, Finlande, Afrique du Nord et Méditerranée, Asie du sud-est, les guérillas en France, Pologne, Yougoslavie… La conduite de la guerre apparaît alors comme une suite de compromis, de coups de pokers et de jeux de dupes, dont la protection et l’accroissement de sa propre puissance industrielle s’avère être le principal dénominateur commun. Le début de l’année 1942 marque un véritable tournant, dans la mesure où une coordination des stratégies allemande et japonaise, alliée à un meilleur comportement des troupes italiennes, auraient pu infléchir dangereusement le cours du conflit, au du moins rallonger de manière dramatique sa durée.

Peut-être plus accessible à la lecture que Stratégie de Liddell Hart, 39-45 Une guerre inconnue est selon moi l'un des meilleurs ouvrages de stratégie générale portant exclusivement sur la Seconde Guerre Mondiale, même si l’auteur aurait pu développer plus l’historique des combats sur le sol européen durant l’année 1945.

 

Paul-Marie de la Gorce, décédé en 2004 à l’âge de 76 ans, fut journaliste pour des journaux, comme L’Express, Le Figaro ou Le Monde Diplomatique. Celui qu’Ignacio Ramonet a décrit comme un « gaulliste de gauche » mena toute sa vie un rigoureux travail d’historien, publiant de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre Mondiale et les relations internationales. Souvent lucide, il sut par exemple, lors de la première guerre du Golfe (1990-1991), pointer du doigt les dangers d’une politique d’intervention contre l’Irak.

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Stratégie militaire
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commentaires

Tietie007 06/04/2015 17:28

Excellent bouquin, un des meilleurs sur la guerre et assez méconnu !

Tietie007 23/01/2017 14:20

Par contre, en 1940, après approfondissement sur le sujet, l'Axe n'était pas prêt à prendre l'Egypte. Mussolini ne voulait pas d'allemands en Méditerranée, donc ...

Matthieu Roger 07/04/2015 16:22

Tout à fait d'accord avec vous, cet ouvrage mériterait à être plus connu ! Cordialement

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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite