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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 15:45

In Mérimée – Théâtre de Clara Gazul – Romans et nouvelles, Bibliothèque de La Pléiade, Éditions Gallimard, 1978

 

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Écrit en 1828, 1572, Chronique du règne de Charles IX est publié à l’âge d’or du roman historique. Mettant en scène les deux frères de Mergy, Bernard étant protestant et George ayant rejoint la religion catholique, le récit s’inscrit dans le contexte des guerres et de religions et se veut une photographie des mœurs de la noblesse à cette époque. Il y a un peu de d’Artagnan dans le personnage de Bernard de Mergy, jeune cadet de province monté à Paris pour y rencontrer l’amiral Coligny, le chef du camp protestant. Mais c’est George qui constitue sans aucun doute la figure la plus marquante du récit, incarnant à la fois l’amour fraternel et la tentation de l’athéisme. Comme l’indique avec justesse la notice du roman, les huit premiers chapitres permettent de se familiariser aussi bien avec les mœurs de l’époque, les villes et les villages livrés au pillage, le Paris de Charles IX, la cour et les courtisans, qu’avec les règles qui régissent le duel ou bien encore les débats religieux qui agitent alors le royaume de France. Ensuite l’intrigue s’accélère, entremêlant l’habituelle trame amoureuse à l’explosion paroxysmique de la Saint-Barthélemy. Au sujet de cette nuit tragique de l’histoire de France, qui vit des milliers de huguenots massacrés par les catholiques, Prosper Mérimée indique dans sa préface qu’il n’adhère pas à la version d’une conjuration du roi contre une partie de son peuple. Selon lui, le massacre de la Saint-Barthélémy était plutôt « l’effet d’une insurrection populaire qui ne pouvait être prévue, et qui fut improvisée ». Un avis qui tranche étrangement avec l’impression laissée par cette Chronique du règne de Charles IX, où sourde la menace permanente de la haine fanatique et du complot catholique. Offrant au lecteur une chute des plus ouvertes, l’auteur termine son récit au cœur du siège de La Rochelle, affrontement emblématique de la séparation de la nation en deux camps ennemis.


Ce roman historique propose au final un canevas narratif classique mais efficace, surtout en ce qui concerne la mise en lumière originale des grands acteurs de cette année 1572, à savoir Charles IX, Coligny et La Noue.

 

 


Par Matthieu Roger


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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite