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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 17:16

Dacres éditions, 2014

 

 

 

Publié par les éditions Dacres au sein de leur collection Mémorial de Verdun, qui a pour but de "contribuer au travail de mémoire effectué par le Mémorial au travers de récits, témoignages, études et essais", cet ouvrage revient sur les quatre années de combats acharnés qui défigurèrent la crête des Éparges, tout au long du premier conflit mondial. Nicolas Czubak, professeur d'histoire, et Pascal Lejeune, spécialiste de cette zone des Hauts de Meuse située non loin de Metz et de Verdun, font ici oeuvre d'historiens pour revenir à hauteur d'hommes, au coeur des boyaux de sape, des tranchées et entonnoirs de mines. Quatre ans au cours desquels soldats français et allemand s'écharpèrent pour quelques arpents de terrain, démontrant par là-même que la guerre de positions caractéristique de la Première Guerre mondiale n'était rien d'autre qu'une ineptie stratégique doublée d'une ineptie tactique, sans parler du désastre moral incarné par cette boucherie humaine.

 

Émaillant leur récit de plans et de nombreuses photos d'époque, les deux auteurs font explicitement échos aux deux grands témoignages littéraires laissés par Maurice Genevoix avec Ceux de 14 et par Ernst Jünger avec Orages d'acier. Genevoix et Jünger, deux écrivains passés à la postérité qui, eux aussi, comme tant d'autres, combattirent aux Éparges. Livrons ici un seul chiffre qui rend compte de l'hécatombe sur la crête des Éparges : de février à avril 1915, au plus fort des combats, pas moins de 20.000 hommes furent fauchés ou faits prisonniers pour la possession de cet éperon long de 1800 mètres et large de 800 mètres. Un chiffre hallucinant venant corroborer l'horreur des cadavres pulvérisés mélangés à la boue, sous le feu roulant et abrutissant des obusiers en tous genres. Après une telle lecture, difficile d'oublier ce qu'un chroniqueur allemand du 37e Reserve Infantiere Regiment, resté anonyme, rédigeait pendant la guerre en contemplant l'horizon mosellan : "Il n'y a aucun endroit sur le front de l'Ouest où beauté et horreur, vie florissante et mort crue se touchent si étroitement."

 

 

Par Matthieu Roger

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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite