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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 14:15

Éditions Plon, 2014

 

Nous vous avions présenté lors de notre dernière chronique en date le premier tome de cette gigantesque fresque historique que constituent Les Rois Maudits. L’heure est maintenant venue de jeter un regard panoramique sur la saga entière, forte de sept livres publiés par l’Académicien Maurice Druon entre 1955 et 1977 : Les Rois de fer, La Reine étranglée, Les Poisons de la couronne, La Loi des mâles, La Louve de France, Le Lis et le Lion, Quand un roi perd la France.

Réussissant le tour de force de suivre pas à pas les rois de France du XIVe siècle, de Philippe le Bel (décédé en 1314) à Jean II le Bon (couronné en 1350), l’auteur s’échine à retranscrire l’atmosphère pour le moins délétère qui agite les coulisses la fin de la monarchie capétienne et l’avènement de la branche des Valois. Et point trop n’est de son talent de portraitiste pour dépeindre les vices de ces figures royales ayant l’une après l’autre provoqué le déclin de la France. Louis X, Jean Ier, Philippe V, Charles IV, Philippe VI, Jean II : les successeurs de Philippe IV dit le Bel ne furent jamais à la hauteur de leur auguste devancier. Pire, les complots qu’ils ourdirent en cachette ou dont ils furent les victimes conduisirent à une période d’instabilité dont profitèrent sans hésiter les voisins belliqueux du royaume de France, dont en tête l’Angleterre, la Navarre et la Bourgogne.

La grande force des Rois maudits est de s’attacher à la peinture psychologique de ces souverains de petite vertu – au sens premier du terme –, tout en narrant l’Histoire en marche vers la guerre de Cent Ans (1137-1453), la première phase du conflit, et les cinglantes défaites de Crécy (1346) et de Poitiers (1356), lors de laquelle Jean II fut fait prisonnier par le Prince Noir. Plusieurs grandes statures historiques émergent de ce panorama vivant : Mahaut d’Artois et Robert d’Artois, dont la lutte pour le contrôle du comté éponyme émaille les deux tiers de l’ouvrage, les amants Roger Mortimer et Isabelle de France, surnommée « la louve de France » et reine d’Angleterre de 1292 à 1358, sans oublier Hélie de Talleyrand, cardinal de Périgord. De leurs paroles et actes émergent les troubles et angoisses d’une époque où les cors de guerre faisaient autant la loi que les missives diplomatiques cachetées en secret. Rehaussées par la plume vive et alerte de Maurice Druon, leurs intrigues n’ont pas fini de ramener nos songes vers ce Moyen Âge épique et ô combien cruel.

 

Par Matthieu Roger

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commentaires

P
Merci pour votre article ! (notamment le précédent). Cela faisait un moment que j'hésitais. Et je confirme : un bonheur à lire !
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M
Vous m'en voyez ravi. Bonne lecture dans les méandres de l'Histoire de France !

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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite