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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 18:08

Éditions Gallimard, 1983

 

 

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) fait partie de ces poètes injustement oubliés par la postérité. Celle que Victor Hugo qualifiait de "reine du monde des sentiments" et qu'Aragon distinguait comme "l'un des plus grands poètes de tous les temps" n'est en effet plus connue aujourd'hui que par certains férus de poésie classique. État de fait regrettable, tant la poésie de Marceline Desbordes-Valmore exhale de puissance mélancolique. La poétesse, dont l'écriture n'est sans doute pas travaillée à l'égal des génies du style et des allitérations en tous genres - c'est en alexandrins que sa plume brille le plus, manie cependant mieux que quiconque l'évocation des amours contrariées, de la religiosité, de la figure maternelle et d'un romantisme quasi mystique de la nature et des sentiments. Sans naïveté, mais avec une sorte de quiétude dolente, ses poèmes peignent avec talent la souffrance des états d'âmes qui regrettent et étire le temps. La jeune fille et le ramier (page 182), redécouvert en son temps par Baudelaire, est à ce titre des plus saisissants de cette mélancolie sourde, latente, résignée :

 

Les rumeurs du jardin disent qu'il va pleuvoir ;

Tout tressaille, averti de la prochaine ondée ;

Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée,

Plains-tu l'absent aimé qui ne pourra te voir ?

 

La-bas, pliant son aile et mouillé sous l'ombrage,

Banni de l'horizon qu'il n'atteint que des yeux,

Appelant sa compagne et regardant les cieux,

Un ramier, comme toi, soupire de l'orage.

 

Laissez pleuvoir, ô coeurs solitaires et doux !

Sous l'orage qui passe il renaît tant de choses.

Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses ?

Amants, vous attendez, de quoi vous plaignez-vous ?

 

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Poésie
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite