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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 10:28

Le Lombard, 2016

 

 

Entre 1995 et 2011, Euskadi Ta Askatasuna, plus connu sous l’acronyme ETA, ayant perdu beaucoup de son aura depuis sa création en 1959, a recentré ses opérations sur des personnalités basques. Durant cette période, l’État engage des miliciens sans formation pour escorter ceux que les actions de l’organisation ciblent encore. C'est pendant ces événements que Mark Bellido et Judith Vanistendael ont décidé d'ancrer leur récit dans Salto – L'histoire du marchand de bonbons qui disparut sous la pluie.

Miquel, livreur de bonbons insouciant qui n'a d'attention que pour sa famille, achemine ses marchandises de sucreries aux clients de l'entreprise qui l'emploie. Mais il manque d’entrain et de motivation, notamment pour réclamer les règlements. Rêveur et idéaliste, il se destine à l'écriture. Une de ses nouvelles, publiée dans un magazine, lui donne l'espoir d'en faire son métier à plein temps. Malheureusement, il peine à s'y mettre, préférant s’occuper du bonheur de ses enfants à qui il promet des vacances à la mer. Mais, de laxisme en mauvais choix, il finit par se retrouver sans travail, sans voiture et sans argent pour y remédier. Pour subvenir aux besoins de son foyer, il décide de postuler à une annonce de l’État qui recrute des privés pour la sécurité de certaines personnes menacées par l'ETA. Suivi par sa famille, il part habiter à Pampelune où il devient un « txakurra » (chien en basque), qualificatif méprisant dont sont affublés ces gardes du corps, sans entraînement, au service complet d'hommes politiques ou d'intellectuels. Pour l'occasion, il prend le nom de Mikel afin de garder ses proches à l'abri de ses activités. Accompagné de Rose, sa collègue, d'une arme et de vingt-cinq cartouches, il sera chargé de la protection de Tango55, cible de l'ETA, maire retraité d'un petit village à proximité de Pampelune et qui a un certain penchant pour la bouteille. Assimilant jour après jour le métier, Miquel va petit à petit perdre son humour et sa désinvolture au rythme où son ménage se désagrège. C'est l'histoire d'un enfant qui apprend à être adulte !

 

Mark Bellido nous propose une fiction autobiographique, intense et dense, sur fond d'attentats à la bombe, à cette époque sombre où le Pays basque était en quête de sa liberté. Cette chronique sociopolitique, au constat teinté d'amertume, conserve pourtant un ton léger et humoristique. Elle ne s’intéresse pas aux ramifications politiques de l'indépendantisme basque, préférant dresser le quotidien d'un homme embarqué dans une existence réglée qui prend le dessus sur ses illusions : dormir avec une arme à portée de main, se lever aux aurores, vérifier sa voiture avant de la démarrer, méfiance constante...

Derrière ses crayons, Judith Vanistendael construit, de son côté, un univers graphique original et complexe. De ses traits simples et colorés, elle retranscrit avec minutie le contexte de l'intrigue, des personnages aux visages expressifs et leurs interactions. Dans certaines de ses planches, elle reste volontairement plus évasive, soulignant la perte de contrôle du protagoniste principal. Incontestablement, il y a une touche de poésie dans son dessin !

Plus cérébrale que haletante, cette œuvre à l'atmosphère particulière est un voyage passionnant et captivant à travers une page qui a marqué les souvenirs par sa violence.

 

 

 

Par KanKr

 

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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite