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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 15:59

Éditions de la Pastèque, 2016

 

 

 

Lorsqu'ils ne restent qu'au fond de la mémoire, les souvenirs sont indéniablement voués à l'oubli et condamnés, un jour, à disparaître. Dans La petite patrie, adaptation du roman autobiographique du même nom de Claude Jasmin, Julie Rocheleau et Normand Grégoire s’intéressent à ce regard éphémère sur un monde qu'on ne maîtrise pas. L'histoire de Claude Jasmin, scénarisée par Normand Grégoire, est celle d'un adulte qui s'efforce d'évoquer son enfance à l'orée des années 40.

Le décor est rapidement planté : Montréal, quartier Rosemont (renommé La Petite-Patrie suite au succès du livre) en 1939. Un groupe d'enfants se tire dessus pour de faux alors qu'au-delà de l'Atlantique débute une autre bataille, une vraie. Si l'empreinte de la guerre, la religion, la mort ou encore l'amour est présente, elle n'a que peu d'impact sur eux. Ils sont aussi prompts à braver les différentes étapes de la vie qu'à les oublier et passer à autre chose. Au milieu de cette espiègle petite troupe, Tit-Claude est le profil type du bambin insouciant et innocent évoluant dans un monde parallèle à celui des grands. Il n'a que huit ans et déjà sa grand-mère le destine à devenir le premier pape canadien-français. Lui est amoureux, ne pense qu'à s'amuser aux dépens des habitants de la ville québécoise, et coule des jours heureux aux côtés de celle pour qui son cœur bat et de ses compagnons de jeu. Autour d'eux, la population change et la cité se transforme pendant qu'ils s'y adaptent inconsciemment !

 

Ces chroniques d’un quartier populaire montréalais, construites d'une succession d'anecdotes qui n'ont pas forcément de lien entre elles, offrent au lecteur une nostalgie de l'enfance à laquelle il peut aisément s'identifier. On a beau essayer de se rappeler de tout, les souvenirs ne reviennent que par bribes et l'emploi d'ellipses narratives appuie cette idée tout au long du récit. C'est une immersion dans l'âge tendre, monde des doux rêves, qui constitue pour l'auteur une ode à cette époque révolue. L'histoire qu'il nous conte est d'une tendresse cruelle par les sujets qu'il évoque, mais surtout parce qu'elle est définitivement passée. À travers son regard d'enfant de huit ans, qui nous touche par son authenticité et sa simplicité, il fait appel à tous les sens du lecteur.

Derrière sa palette, Julie Rocheleau nous propose un dessin magnifique et très expressif, qui nous livre ses couleurs dans une quadrichromie maîtrisée et originale. Elle esquisse ces tranches d'existence et transcende le scénario par le biais de ses personnages arrondis, attachants et pleins de vie. Si le roman originel a connu un vif succès, cette adaptation graphique le mérite tout autant.

 

 

Par KanKr

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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite