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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 15:54

Éditions Viviane Hamy, 2012

 

 

 

 

Voilà un ouvrage inclassable ! Roman historique lorgnant vers le récit d’aventures et la quête initiatique, même si le héros n’est plus de prime jeunesse, Le Prince et le Moine se distingue des productions littéraires habituelles du genre. L’action se situe à la toute fin du Haut Moyen Âge, en l’an 999, une période rarement traitée par les écrivains. À la croisée des chemins entre lointaines réminiscences de l’ancien empire romain, sédentarisation des plus puissants peuples barbares, affirmation du Saint-Empire romain germanique et problématiques de survie de l’empire byzantin, cette « Europe » de l’an mille est secouée par de profondes mutations démographiques et politiques qui ne cessent de boulervser sa géographie.

C’est dans ce contexte instable que Stephanus de Pannonie, moine de l’abbaye de Saint-Gall, se retrouve expédié par son supérieur au fin fond de l’Europe centrale, sur les terres des redoutés Magyars, afin d’assurer une étrange mission diplomatique. Comme vous pouvez vous en douter tout ne se déroulera pas comme prévu, et notre héros va se trouver confronté à une civilisation dont il ignore tout mais qui le renverra en même temps au mystère de ses propres origines. Se pourrait-il qu’il soit le Künde, ce chef spirituel ancestral que certaines tribus et chefs de guerre appellent de leurs vœux ? Mais l’homme est un loup pour l’homme, surtout en ces contrées où les légendes s’imbriquent constamment aux soifs de pouvoir et de conquêtes.

 

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans le récit, l’auteur ayant quelques difficultés à planter ses personnages au cours des trente première pages. Cependant, une fois passé ce départ légèrement poussif, le lecteur est irrémédiablement embarqué vers l’orient aux côtés de Stephanus de Pannonie. Robert Hàsz n’a pas son pareil pour mettre en scène des personnages déroutants, aux multiples facettes, qui semblent la plupart du temps désemparés face à leur destin. À la fois miroir des légendes magyares et chevauchée inexorable vers l’inconnu, Le Prince et le Moine nous transporte dans une ambiance fascinante, nostalgique, où les contes s’enchevêtrent aux ambitions des puissants.

 

 

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite