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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 12:40

Éditions Dargaud, 2013

 

 

 

Marcus le Romain et Arminius le Germain ont tous deux grandi et été formés ensemble. Aujourd’hui, ils sont devenus des officiers supérieurs de l’armée romaine. Mais si Marcus a ses pensées tournées vers l’élue de son cœur, Priscilla, Arminius complote contre Rome et l’armée qui l’accueillit en sein. Il va trahir l’uniforme qu’il porte en cherchant à unir les tribus germaines, son peuple d’origine. Dans ce quatrième tome des Aigles de Rome, Enrico Marini poursuit son récit et nous amène sur les terres hostiles de Germanie, en 9 ap. J.-C. Le lecteur est dès la première page projeté au cœur de la mêlée, lors de laquelle il fait connaissance du cruel commandant romain Lepidus, dont le visage se cache derrière un casque rutilant aux traits marmoréens.

 

Il faut avant tout tirer un coup de chapeau à Enrico Marini, qui est à la fois le scénariste, le dessinateur et le coloriste de cette bande dessinée. Très à l’aise dans la peinture des scènes d’action, il axe ici sa narration sur le basculement d’Arminius dans le camp des ennemis de Rome. On sent chez Marini un constant souci de réalisme historique, en témoignent l’usage régulier de termes latins au cours des dialogues ou bien encore le respect des tactiques de combat adoptées par l’armée romaine, notamment en ce qui concerne l’usage du pilum, ce javelot lourd utilisé par les légionnaires comme arme aussi bien défensive qu’offensive. Lors de l’impact, le pilum restait coincé dans le bouclier ou se brisait, de sorte que l’ennemi ne puisse le renvoyer ; il pouvait traverser un bouclier de trois centimètres ou une plaque métallique. Un glossaire d’une page, en fin d’ouvrage, vient rafraichir la mémoire des non-latinistes méconnaissant le cursus honorum ou le fonctionnement des légions. Graphiquement, le coup de crayon de Marini est alerte, privilégiant les couleurs froides pour les scènes d’extérieur et les couleurs chaudes pour les scènes d’intérieur. Ce quatrième volume des aventures de Marcus et Arminius n’en reste pas moins un tome de transition, et l’on ne peut s’empêcher d’imaginer la rébellion fomentée par Arminius se solder par un affrontement digne de la légendaire bataille de Teutobourg. Faisons confiance à l’auteur pour nous concocter un dénouement des plus passionnants.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite