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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 08:53

Éditions Economica, 2015

 

 

 

Après Ishiwara, l’homme qui déclencha la guerre (Éd. Armand Colin, 2012), qui retraçait le parcours emblématique du général japonais ultranationaliste Ishiwara Kenji durant l’entre-deux-guerres, Bruno Birolli s’attaque ici à la bataille la plus célèbre du conflit russo-japonais de 1904-1905. Le siège par l’Armée Impériale de la seconde plus importante base navale russe de la côte orientale, après Vladivostok, constitue le climax de ce conflit meurtrier. Meurtrier car le siège coûta aux Japonais rien moins que 60.000 morts (130.000 morts sur l'ensemble de la guerre) ! Ces pertes énormes malgré la victoire sont à mettre en parallèle du bilan russe, dont la garnison et la flotte de Port-Arthur furent tout simplement rayées de la carte. Bruno Birolli nous narre avec précision et clarté ces mois de siège sanglants (8 février 1904-5 janvier 1905), de manière synthétique mais jamais lacunaire, tout en revenant sur les tenants et aboutissants diplomatiques de cette guerre. Car la victoire japonaise de Port-Arthur est une déflagration internationale retranscrite par tous les grands médias occidentaux de l’époque, qui dilatera pour plusieurs décennies le nationalisme militariste nippon dans des accès de grandiloquence belliqueuse.

 

Le plus intéressant, selon moi, sont les conclusions que l’auteur tire de cette gigantesque bataille. Pour la première fois peut-être de toute l’histoire militaire, c’est l’artillerie qui devient l’acteur majeur des combats. L’infanterie, préfiguration du premier conflit mondial, se trouve désormais désarmée face aux barrages de feu dressés par les obus, shrapnels et mitrailleuses. La topographie elle même devient mouvante, en témoigne ces collines complètement transformées en d’informes et monumentaux monceaux de terre, gravas et cadavres mêlés. L’industrialisation et la mécanisation systématiques de la guerre, entrevues lors de la Guerre de Sécession, sont définitivement en marche. Ainsi l’auteur n’a-t-il pas peur d’affirmer dès la page 8 : « du point de vue de l’histoire militaire, le 20e siècle commence en 1904 devant Port-Arthur ». Seule l’aviation est encore alors absente des équations militaires.

 

Port-Arthur 1904-1905 est un livre dont je vous recommande sans hésiter la lecture.

 

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire militaire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite